Le Parc national du Djurdjura ne décolère pas. Pour la deuxième fois en moins de trois mois, sa direction a publié un communiqué pour dénoncer des pratiques sportives qui violent la réglementation en vigueur dans l’un des espaces naturels les plus précieux d’Algérie — classé réserve mondiale de biosphère par l’Unesco depuis 1997.
Ce qui a mis le feu aux poudres cette fois, c’est la multiplication d’appels lancés sur les réseaux sociaux à des trails et treks de masse traversant la zone centrale du parc — une zone rigoureusement protégée, réservée à la seule recherche scientifique et fermée à toute présence humaine. En plein cœur de l’été, avec le risque d’incendie au plus haut, ces initiatives sont perçues par l’administration comme une provocation délibérée. La direction pointe nommément la « volonté malintentionnée » d’organisateurs qui agissent en solo, sans la moindre concertation avec les gestionnaires du parc, et prévient sans ambiguïté : des poursuites judiciaires attendent ceux qui s’obstineront.
Le message est clair sur le plan réglementaire aussi : aucune randonnée, aucune manifestation sportive en milieu naturel ne peut se tenir sans autorisation préalable. Une règle qui existe pour protéger les écosystèmes, les espèces menacées, et la sécurité des participants eux-mêmes.
Ce nouveau communiqué intervient dans un contexte déjà tendu. L’arrêté du wali n° 272 du 27 janvier 2026, interdisant l’accès aux espaces et pistes forestières, avait déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, au nom de la liberté de pratiquer le sport en plein air. Mais il avait aussi sa raison d’être. Et le fait que la direction du PND soit contrainte de monter à nouveau au créneau quelques mois plus tard prouve que ni l’arrêté ni le premier communiqué n’ont suffi à changer les comportements.
Le constat est amer : face à un tourisme de masse peu soucieux des règles, le Djurdjura continue de payer le prix de sa propre attractivité. La sonnette d’alarme a beau retentir, certains font semblant de ne pas l’entendre.
Lotfi C.
Parc national du Djurdjura: La direction hausse le ton face aux randonneurs hors-la-loi
