Commerce extérieur: Quatre nouvelles mesures pour assainir les exportations dès le 1er juillet

Acompter du 1ᵉʳ juillet, le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations met en œuvre un ensemble de mesures réglementaires visant à renforcer la traçabilité des échanges, lutter contre les pratiques frauduleuses et assainir l’environnement économique national. Ces dispositions, présentées ce lundi par Samir Derradji, directeur général de la promotion des exportations, lors de l’émission «L’Invité du jour» sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, répondent à des dysfonctionnements constatés sur le terrain. «Plusieurs enquêtes administratives et contrôles ont mis en évidence des contournements de la réglementation, fragilisant les mécanismes de contrôle, favorisant la fuite de devises et perturbant le marché», a-t-il expliqué, ajoutant que «l’administration a pour mission de colmater toute brèche
réglementaire».

Exportations de produits frais et périssables
Jusqu’à présent, ces produits bénéficiaient d’un régime dérogatoire permettant une expédition rapide, avant la domiciliation bancaire. Les exportateurs disposaient de quinze jours pour régulariser, mais beaucoup ne revenaient pas, rendant difficile le suivi et le rapatriement des recettes.
Désormais, tout exportateur de produits périssables devra présenter la facture domiciliée de l’opération précédente avant d’être autorisé à réaliser une nouvelle expédition. «À partir du 1er juillet, avant la deuxième expédition, la facture domiciliée de l’opération antérieure est obligatoire », a précisé Derradji. Cette mesure garantit une traçabilité rigoureuse et le respect des obligations financières.

Exportations de valeur inférieure à 100 000 dinars
Ces opérations étaient auparavant exonérées de domiciliation bancaire afin de faciliter les petits échanges. Cependant, certains opérateurs fractionnaient des transactions importantes en multiples petites expéditions pour contourner les contrôles.
Pour mettre fin à cette pratique, toute exportation de ce type devra désormais obtenir une autorisation préalable du ministère du Commerce extérieur. «Nous aurons un droit de regard sur ces exportation », a affirmé Derradji, afin «d’empêcher toute fuite de capitaux et d’assurer le rapatriement effectif des recettes générées à l’étranger».

Opérations des traders et intermédiaires
Les autorités reconnaissent le rôle des intermédiaires dans la conquête des marchés extérieurs, mais constatent des cas de sous-facturation : certains exportent des produits algériens à des prix artificiellement bas, ce qui constitue une forme de fuite de devises.
Pour y remédier, le ministère exige désormais une validation préalable du prix par le producteur avant toute opération d’exportation réalisée par un intermédiaire.
«Il doit absolument avoir l’autorisation du producteur, qui valide le prix réel du produit», a insisté Derradji.
Cette obligation s’applique à tous les secteurs : agricole, agroalimentaire et industriel.

Importations destinées à la revente en l’état
Pour améliorer la visibilité sur les circuits de distribution et lutter contre les pratiques spéculatives, chaqueiquer à l’administration un plan détaillé précisant les lieux de stockage, les circuits de distribution et les destinations prévues. «Désormais, il faudra nous donner l’itinéraire de la marchandise : où sera-t-elle vendue ? comment sera-t-elle stockée ?», a expliqué Derradji.
Élaborée en coordination avec le ministère du Commerce intérieur, cette mesure vise à assurer une meilleure répartition des produits sur le territoire et à limiter les pénuries artificielles provoquées par des stockages spéculatifs, notamment dans le secteur des pièces de rechange automobiles.
Selon Samir Derradji, ces dispositions s’inscrivent dans une «phase d’encadrement, de régulation, de maîtrise, d’organisation et d’assainissement de l’économie nationale».
L’objectif est de renforcer la transparence, sécuriser les flux financiers, protéger le marché intérieur et créer un environnement plus sain et attractif pour les investisseurs et partenaires étrangers .
Samira G.