82% des exigences de l’OMS levées: Le médicament «made in Algeria» bientôt exportable vers l’Afrique

Après plus d’un an d’un travail acharné mené sur le terrain, à travers des missions d’inspection, des révisions profondes des procédures et des ateliers d’autoévaluation d’une rare intensité, l’Algérie vient de franchir une étape décisive vers l’obtention de la certification NM3 délivrée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ce sésame international, qui atteste de la fiabilité et de la sécurité des médicaments produits localement, est désormais à portée de main : 82% des réserves émises par les experts de l’OMS lors de l’évaluation préliminaire ont été levées.
L’annonce a été faite hier par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, une première depuis le lancement de ce processus exigeant. L’évaluation finale, programmée pour septembre 2026, déterminera si l’Algérie rejoint le cercle restreint des nations capables de garantir de manière autonome la qualité de leur production pharmaceutique.
Ce résultat n’est pas le fruit du hasard. Il incarne la modernisation méthodique et ambitieuse d’un secteur qui pèse lourd sur la scène africaine.
Avec plus de 30% des usines pharmaceutiques du continent installées sur son sol, l’Algérie se positionne déjà comme un leader industriel. Mais il lui manquait une reconnaissance normative de poids pour
transformer cette capacité productive en puissance exportatrice. La certification NM3 est justement cette clé. Elle ouvre les portes des marchés étrangers en facilitant l’enregistrement des médicaments algériens auprès des agences locales de contrôle, tout en consolidant la crédibilité des produits «made in Algeria». En clair, elle lève le principal obstacle administratif qui freinait jusqu’ici l’essor des exportations. L’ambition dépasse largement le cadre sanitaire. Lors de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale du médicament organisée à Alger en novembre 2025, une certitude s’était imposée : l’Afrique a besoin de produire elle-même ses traitements, et l’Algérie a les moyens d’être un moteur de cette souveraineté sanitaire collective.
Le ministre Kouidri l’a réaffirmé avec force. L’obtention du NM3 constitue un levier direct pour l’insertion des médicaments algériens dans les circuits commerciaux africains, au service d’une complémentarité économique et sanitaire entre nations voisines. En attendant septembre 2026, l’atelier d’autoévaluation qui se tient jusqu’au 18 juin, en présence des cadres du secteur, de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (Anpp) et des représentants de l’OMS, prépare le terrain pour une soumission officielle irréprochable l’Algérie, déjà géant industriel du médicament en Afrique, s’apprête à devenir une référence
réglementaire.
A. G.