Eau et énergie: ADC lance des études sur l’hydrogène vert

La Compagnie algérienne de dessalement de l’eau (ADC), filiale du groupe Sonatrach, s’engage dans une nouvelle dynamique de recherche et d’innovation à travers le lancement prochain de plusieurs études de faisabilité en partenariat avec des institutions universitaires et des centres de recherche.
Ces travaux porteront sur des domaines stratégiques, notamment l’hydrogène vert, la valorisation des eaux souterraines du Sahara et l’exploitation des sous-produits issus du dessalement de l’eau de mer.
Selon le directeur du développement de l’ADC, Sofiane Zamiche, une étude sera lancée au cours de l’année afin d’évaluer les possibilités de production et de développement de l’hydrogène vert
en Algérie.
Ce projet vise à identifier les meilleures modalités d’intégration de cette énergie dans le mix énergétique national, dans un contexte où elle est considérée comme un levier majeur de la transition énergétique et du développement durable. Parallèlement, l’entreprise s’intéresse à la valorisation de la saumure, principal résidu issu du processus de dessalement. Une convention-cadre sera prochainement signée avec l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD), relevant du ministère de l’Environnement, afin de renforcer la coopération scientifique et technique dans ce domaine.
Une première expérience pilote réalisée à la station de dessalement de Corso, à Boumerdès, a permis d’identifier et d’analyser les composants minéraux présents dans la saumure, ouvrant la voie à des perspectives de valorisation industrielle.
Dans cette optique, l’ADC prévoit également de développer un prototype destiné à tester les conditions réelles d’exploitation de cette ressource, tout en engageant des discussions avec des opérateurs économiques nationaux pour envisager la commercialisation des produits dérivés.
L’exploitation des ressources hydriques du Sahara constitue un autre axe stratégique.
Une convention-cadre sera prochainement signée avec l’Université d’Ouargla, qui
dispose d’une base de données importante sur les nappes souterraines du Sud.
Ce partenariat permettra d’approfondir la connaissance des caractéristiques physico-chimiques des eaux sahariennes afin de concevoir des systèmes de traitement adaptés aux spécificités locales.
Sur le plan industriel, l’ADC poursuit également la mise en œuvre de la première tranche de son deuxième programme complémentaire de dessalement, qui comprend la réalisation de trois grandes stations à Chlef, Mostaganem et Tlemcen, chacune d’une capacité de 300 000 m³ par jour. Les travaux enregistrent, selon l’entreprise, une cadence soutenue. Enfin, lors du Colloque national sur le dessalement de l’eau de mer (CDEM 2026), les responsables du secteur ont également insisté sur l’importance de l’innovation et de l’implication des start-up locales. L’objectif est d’intégrer davantage d’acteurs nationaux dans la chaîne de valeur du dessalement, notamment dans des activités techniques comme la maintenance et le remplacement des membranes, afin de réduire la dépendance aux prestataires étrangers et de renforcer l’écosystèmeindustriel local.
Fateh H.