Afrique-Corée: L’Algérie ne veut plus être spectatrice des révolutions mondiales

A Séoul, le chef de la diplomatie algérienne a marqué les esprits. Dimanche dernier, Ahmed Attaf a pris part à la Réunion ministérielle du partenariat Afrique-République de Corée, avec un message clair : l’Algérie est fière de ses vingt ans de partenariat stratégique avec Séoul, mais elle veut désormais passer à la vitesse supérieure.
Objectif de cette rencontre : évaluer les promesses du premier Sommet Afrique-Corée de juin 2024, et surtout trouver les moyens d’accélérer le développement du continent conformément à l’Agenda 2063.
Ahmed Attaf n’a pas mâché ses mots. Pour l’Algérie, ce partenariat bilatéral est bien plus qu’une simple coopération entre deux pays. C’est un levier pour toute l’Afrique. La preuve : le projet du Centre africain des technologies de l’information et de la communication, porté par Alger, dépasse largement les frontières algériennes.
Le ministre a résumé l’état d’esprit de l’Algérie en deux mots : satisfaction et ambition. Satisfaction, car des progrès réels ont été accomplis depuis 2024. Ambition, car il ne s’agit pas de s’arrêter en si bon chemin. Trois axes majeurs ont structuré son discours. D’abord, la convergence entre les objectifs du partenariat et l’Agenda 2063, une bonne nouvelle saluée par Alger.
Ensuite, l’approche pragmatique du partenariat, déjà concrétisée dans des secteurs clés : commerce intra-africain, infrastructures, agriculture, industrie, numérique. Mais c’est le troisième point qui a frappé le plus fort. Ahmed Attaf a lancé un avertissement solennel : l’Afrique ne peut plus être la grande absente des révolutions technologiques mondiales. Intelligence artificielle, robotique, nanotechnologies, énergies renouvelables – le continent doit entrer dans la danse. «L’Afrique a été écartée de la révolution industrielle à cause de la colonisation, et de la révolution de l’information à cause de ses séquelles. Il est hors de question que cela se reproduise», a-t-il martelé.
Message reçu à Séoul : l’Algérie ne vient pas les mains vides. Elle apporte des projets concrets et une vision. Et elle attend du partenariat Afrique-Corée qu’il aide le continent à rattraper son retard historique.
L’heure n’est plus à l’attente, mais à l’action .
Fateh H.