Soupçons de corruption, nomadisme politique et fausse déclaration… l’ANIE frappe fort: Rejet en cascade de candidats aux législatives

Il semblerait que la loi électorale commence a faire ses victimes, à forme que l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), poursuit le traitement des dossiers de candidats à la candidature aux élections législatives du 2 juillet.
Les précisions de cette instance quant au rejet préliminaire de dossiers montrent que de nombreux prétendants à siéger au sein de l’Assemblée populaire nationale (APN), sont affectés.
D’après des révélations fuitées de l’intérieurs des partis en course, l’élimination touche des dizaines de candidats pour divers obstacles liés en majorité à des soupçons de corruption, au nomadisme politique, en plus des irrégularités qui entachent les parrainages récoltés auprès des électeurs et les fausses déclarations contenues dans les documents. À ces obstacles s’ajoutent également des cas de candidats condamnés ou ayant des affaires pendantes en justice.
Au cœur de ce processus de sélection, le fameux article 200 de la Loi électorale sur laquelle l’ANIE a construit le gros de ses notifications de rejets adressées aux partis politiques et représentants de listes indépendantes.
L’article en question stipule en effet que le candidat à l’APN ne doit pas être condamné définitivement à une peine privative de liberté pour crimes ou délits et non réhabilité, à l’exception des délits involontaires, doit justifier de la situation vis-à-vis de l’administration fiscale, ne doit pas être connu de manière notoire pour avoir eu des liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme et pour son influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales.
Il stipule également que le candidat ne doit pas être quelqu’un qui a exercé deux mandats parlementaires consécutifs ou séparés. Et à première vue, il se trouve que beaucoup de prétendants tombent sous la coupe de cette «épée de Damoclès» !Pour cause d’ailleurs, les premières plaintes par rapport à ce tri ont déjà été exprimées. Et ça vient du Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui reproche à l’administration d’utiliser cet article pour «exclure ses candidats».
Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion de son bureau exécutif national présidée par Abdela ali Hassani Cherif, le parti islamiste a estimé que «l’application de cet article a conduit à l’exclusion de candidats sans preuves juridiques claires ni jugements définitifs». Pourtant, la loi est claire et ne permet aucun détournement. Et c’est là que l’on comprend que la plainte du MSP est beaucoup plus liée à sa stratégie, lui qui est habitué à prendre part aux élections et à confectionner des listes partout, et ensuite mettre la pression à travers les critiques pour tenter de faire passer ses candidats. Quoi qu’il en soit, le tri va certainement continuer et toucher beaucoup plus de monde et une partie de ceux qui ont fait le chemin des parrainages se trouveront hors course à la validation des listes définitives. Seul choix qui resterait aux partis politiques : le remplacement des candidats exclus.
Farid B.