Le prestigieux Dar-Bachterzi, écrin architectural perché dans les hauteurs de la Casbah d’Alger, a ouvert, hier samedi, ses portes pour la «Fête du Pain Traditionnel», un événement placé sous l’égide de la Chambre de l’artisanat et des métiers de la wilaya d’Alger.
Au cœur de cette demeure historique, les visiteurs ont pu découvrir ou redécouvrir un patrimoine culinaire aussi modeste qu’essentiel, le «khobz eddar», ce pain fait maison que les grands-mères algéroises préparaient avant l’aube, pétri avec amour et cuit dans des fours en terre cuite.
Aujourd’hui menacé par les pains industriels et les baguettes standardisées, ce savoir-faire séculaire tente de résister.
Au programme de cette journée, des démonstrations de fabrication, des ateliers participatifs et des dégustations ont rythmé les heures. L’objectif était clair, transmettre aux jeunes générations les gestes précis de la panification traditionnelle, de la fermentation lente à la maîtrise de la cuisson.
Derrière cet événement apparemment anodin se cachait une urgence, ne pas laisser disparaître un pan entier de l’identité culinaire algéroise.
Dar-Bachterzi, avec ses zelliges, ses plafonds de cèdre sculpté et sa cour intérieure pleine de fraîcheur, a offert un écrin à la hauteur de ce patrimoine.
Tout au long de cette journée du 23 mai, les effluves de pain chaud ont flotté entre ses murs centenaires, rappelant à tous que la mémoire d’une ville se déguste aussi à pleines dents.
Les visiteurs sont repartis avec des miches encore tièdes et la promesse, pour beaucoup, de perpétuer à la maison ce geste ancestral que les aïeules n’auraient jamais dû cesser de transmettre.
A. S.
La Casbah a célébré le pain traditionnel:Une journée pour sauver «khobz eddar» de l’oubli

