Face aux menaces de Trump: Cuba réaffirme sa souveraineté

Le président américain, Donald Trump, suscite une nouvelle vague de condamnations de la part d’organisations humanitaires et de voix pacifistes. La cause : le renouvellement de ses menaces à l’encontre de Cuba, annonçant explicitement le recours à l’armée américaine pour bloquer l’acheminement de pétrole et d’autres ressources vitales vers l’île des Caraïbes.
Ces déclarations belliqueuses interviennent dans un contexte régional déjà extrêmement tendu. Elles font suite, à peine plus d’une semaine auparavant, à l’ordre donné par Trump de lancer ce qui a été largement décrit comme une attaque illégale contre le Venezuela, ayant conduit à l’arrestation et à la détention présumée du président Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores.
Cette escalade militaire et rhétorique semble dessiner une stratégie de pression maximale visant à isoler et à asphyxier les gouvernements latino-américains hostiles à Washington.
Dans un message publié sur ses plateformes de réseaux sociaux, dimanche dernier, le locataire de la Maison Blanche a justifié sa position en accusant Cuba d’avoir «vécu pendant des années de grandes quantités de pétrole et d’argent du Venezuela». Il a lancé un ultimatum sans ambages : «Cela ne continuera pas plus longtemps.» Trump a menacé d’intercepter tout pétrole ou fonds à destination de La Havane et a sommé le gouvernement cubain de «conclure un accord avant qu’il ne soit trop tard», laissant planer une implication militaire directe.
La réponse cubaine, immédiate et sans concession, est tombée comme un coup de tonnerre. Le président Miguel Díaz-Canel a rejeté avec une fermeté absolue ce qu’il perçoit comme un diktat impérial. Dans une réplique cinglante diffusée également sur les réseaux sociaux, il a rappelé les fondamentaux de la posture de son pays.
«Cuba est une nation libre, indépendante et souveraine. Personne ne nous dicte notre conduite», a-t-il martelé, défiant ouvertement les injonctions de Washington. Il a ensuite renversé la perspective de l’accusation, dressant un historique de la relation conflictuelle avec le puissant voisin du Nord : «Cuba n’attaque pas ; elle a été attaquée par les États-Unis pendant 66 ans.»
Ce chiffre, faisant référence à la période qui suit la révolution de 1959, souligne le caractère structurel et historique de cette confrontation. Le climax de sa déclaration a résidé dans une formule empreinte de détermination patriotique et de résolution guerrière : «[Cuba] ne menace pas, mais elle est prête à défendre la patrie jusqu’à la dernière goutte de sang »
Cette crise diplomatique ouverte place la région dans une situation d’extrême volatilité.
D’un côté, l’administration Trump semble déterminée à intensifier sa politique de «pression maximum» au-delà du Venezuela, en ciblant directement ses alliés.
De l’autre, Cuba, fort d’une longue expérience de résistance à l’embargo américain, campe sur une position de défiance totale, refusant toute négociation sous la menace.
L’échange, qui s’est déroulé par communiqués interposés sur la place publique mondiale que sont les réseaux sociaux, illustre la profonde fracture et le dangereux niveau de tensions entre les deux pays, ravivant les braises de la guerre froide dans l’hémisphère occidental.
M. M.