Une première dans l’histoire des nations unis: Melania Trump préside un conseil de sécurité dédié aux enfants

Jamais dans l’histoire des Nations unies une Première dame n’avait présidé une séance du Conseil de sécurité. C’est désormais chose faite. Melania Trump, l’épouse du président américain, a occupé ce fauteuil lundi dernier à New York, devant une salle comble et sous les projecteurs du monde entier. Son sujet ? La protection des enfants victimes des conflits armés.
Dans son discours, soigneusement préparé, elle a déclaré que «les États-Unis se tiennent aux côtés de tous les enfants à travers le monde», appelant à la paix et à l’éducation comme remparts contre la guerre. Une intervention solennelle, applaudie, relayée, encensée par la diplomatie américaine.
Mais cette image, aussi soigneusement orchestrée soit-elle, heurte de plein fouet une réalité autrement plus brutale.
Car au moment même où Melania Trump évoquait le sort des enfants victimes de guerre, l’aviation américaine et israélienne poursuivait ses frappes meurtrières contre l’Iran. Parmi les cibles touchées ces derniers jours : une école primaire.
Parmi les victimes : plus de quatre-vingts enfants, selon les derniers bilans.
Comment une même nation peut-elle, d’une main, présider une réunion sur la protection de l’enfance et, de l’autre, armer, financer et soutenir militairement des offensives qui tuent des enfants par centaines ? Telle est la question qui taraude les observateurs et enflamme les réseaux sociaux depuis l’annonce de cet événement inédit.
L’ONU elle-même a reconnu le caractère exceptionnel de cette situation. Jamais une Première dame n’avait dirigé les travaux du Conseil. En temps normal, cette fonction revient à un ambassadeur ou à un haut responsable de l’État assurant la présidence tournante du mois. Or, ce sont bien les États-Unis qui occupent ce siège en mars. Mais confier ce rôle à l’épouse du président, sans mandat électif ni responsabilité diplomatique officielle, interroge sur la nature même de cette intervention.
Était-ce un geste humanitaire ? Une opération de communication ? Ou une tentative de redorer l’image d’une administration engagée dans l’une des guerres les plus controversées du Moyen-Orient ?

Le poids des bombes face au poids des mots
Pendant que la Première Dame parlait d’éducation et de paix, les bombes américaines continuaient de détruire des écoles.
Pendant qu’elle évoquait l’avenir des enfants, des enfants perdaient la vie sous des frappes menées avec des équipements fabriqués aux États-Unis. Pendant qu’elle appelait à la responsabilité collective, Washington opposait son veto, une fois de plus, à toute résolution internationale exigeant un cessez-le-feu. Cette contradiction n’est pas nouvelle. Elle a déjà été observée au Pakistan, où des frappes de drones ont décimé des villages entiers pendant que des responsables américains parlaient de droits humains.
En Afghanistan, où vingt ans de guerre ont laissé des générations d’orphelins.
À Ghaza, où des milliers d’enfants palestiniens ont été tués ces derniers mois avec le soutien indéfectible des États-Unis.

Ce que les images ne montrent pas
Les caméras du monde entier ont filmé Melania Trump dans sa robe sombre, son port altier, ses paroles mesurées. Elles n’ont pas filmé, au même moment, les décombres de l’école primaire frappée en Iran. Elles n’ont pas montré les corps des quatre-vingts enfants sortis des graviers. Elles n’ont pas diffusé les cris des mères cherchant leurs bébés sous les pierres.
Ce contraste, pourtant, dit tout du fonctionnement des relations internationales contemporaines.
D’un côté, une mise en scène humanitaire soigneusement calibrée pour la consommation médiatique mondiale. De l’autre, la continuation méthodique d’une guerre qui ne dit pas son nom, avec son cortège de victimes innocentes.

L’heure des comptes
Les enfants de Ghaza, du Pakistan, d’Afghanistan, d’Iran ne siégeront jamais au Conseil de sécurité. Ils ne présideront aucune réunion internationale. Ils n’auront pas de tribune pour répondre à ceux qui parlent en leur nom tout en participant à leur destruction.
Mais leur silence pèse plus lourd que tous les discours du monde. Leurs corps mutilés, leurs regards perdus, leurs vies brisées constituent l’accusation la plus terrible contre cette comédie diplomatique.
L’histoire jugera. Elle retiendra qu’en ce mois de mars, une Première dame a présidé l’ONU pour parler des enfants, pendant que son pays continuait d’en tuer.
Elle retiendra que les grandes puissances savent parler de paix les armes à la main. Elle retiendra surtout que les enfants, eux, n’ont pas besoin de discours. Ils ont besoin que les bombes s’arrêtent .
Malik M.