Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu dimanche dernier les membres du Conseil supérieur de la communauté scientifique nationale à l’étranger, en présence de plusieurs responsables et cadres de l’État, selon un communiqué de la Présidence.
La rencontre marque une étape dans la démarche engagée par l’Algérie, qui a choisi de faire appel à l’élite de ses enfants installés hors du pays pour travailler en collaboration avec les compétences nationales.
Autour du chef de l’État se trouvaient le ministre d’État chargé de l’Inspection générale des services de l’État et des collectivités locales, Ibrahim Merad, le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général d’armée Saïd Chanegriha, ainsi que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari.
Étaient également présents le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, le ministre de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, le conseiller du président chargé de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle et de la culture, Nasreddine Benteifour, et le secrétaire d’État chargé de la communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib.
Un potentiel humain «magnifique»
Yasmine Belkaid, à la tête de l’Institut Pasteur, a d’abord rappelé l’esprit du Conseil, un groupe indépendant d’Algériens motivés pour «redonner à l’Algérie ce qu’elle leur a donné» et l’éclairer sur des enjeux majeurs de développement.
Elle a insisté sur la qualité de la formation nationale. «Les chercheurs et l’éducation algériennes sont d’un très haut niveau», a-t-elle affirmé, citant des étudiants remarquables en mathématiques, en physique, en médecine et en biologie.
Cette base scientifique, a-t-elle estimé, peut aussi permettre au pays de réaliser des avancées majeures dans l’intelligence artificielle, en la faisant dialoguer avec l’ensemble des domaines de recherche. «L’Algérie est très forte et son potentiel est énorme», a-t-elle conclu.
«Nous ne sommes pas étrangers»
Le professeur Elias Zerhouni, coordinateur national du Conseil, a remercié le président de la République pour l’initiative, dont l’écho dépasse déjà les frontières. «Je reçois énormément de messages de scientifiques et d’ingénieurs à travers le monde qui veulent en faire partie», a-t-il indiqué, avant de saluer l’appui du ministre de l’Enseignement supérieur.
Il a ensuite remis au chef de l’État un dossier présentant le rapport d’activité du Conseil et sa feuille de route pour les douze mois à venir.
Il a rappelé que, dès le lancement de l’initiative le 28 juin 2026, les membres avaient décidé de ne pas attendre. Une réunion d’organisation, tenue le 4 août 2026, a fait ressortir des principes fondateurs que le groupe a dégagés spontanément, dans un état d’esprit que le professeur résume d’une formule qu’il aime répéter.
«Nous vivons à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers. Nous sommes Algériens avant tout.»
Le premier principe veut qu’aucune initiative du Conseil ne soit menée de manière isolée, sans coopération bilatérale avec les collègues du pays.
Le second prévoit de rassembler toute la communauté algérienne qualifiée établie à l’étranger.
Deux piliers, un travail bénévole
Lors du premier atelier de travail du Conseil, à l’hôtel El Aurassi, le professeur Zerhouni avait détaillé la méthode.
Le Conseil se veut un organe souple, capable de s’adapter aux besoins exprimés par les ministères et les secteurs concernés, et son plan d’action repose sur deux piliers. Le premier consiste à définir les programmes sur lesquels le Conseil travaillera avec les compétences nationales, après avoir compris les particularités de l’environnement scientifique, économique et institutionnel algérien. Sans cette compréhension, les recommandations ne peuvent pas être efficaces, a-t-il expliqué.
La première phase sera donc consacrée à apprendre, écouter et comprendre, avant d’identifier les domaines où le Conseil peut apporter une véritable valeur ajoutée, à commencer par la sécurité alimentaire et les autres secteurs prioritaires. Le second pilier vise à élargir le réseau des scientifiques et des compétences algériennes à l’étranger.
Le Conseil ne peut pas couvrir tous les domaines, alors que des milliers de talents algériens vivent en Europe, en Amérique et en Asie. Chaque membre est appelé à identifier et à faire venir d’autres chercheurs et experts, pour constituer un vivier d’expertise et de volontariat.
Le professeur a tenu à préciser que les membres ne perçoivent aucune rémunération et qu’ils s’engagent par amour du pays. Ces deux piliers s’appuieront sur une organisation dynamique, sans que les vues du Conseil ne se substituent aux visions nationales, a-t-il assuré.
Il s’agit d’adopter une approche rationnelle, d’offrir des avis éclairés et d’élargir la base de connaissances disponible pour l’Algérie, dans un contexte où la science et la technologie évoluent très vite. Le bilan du travail du Conseil sera évalué au bout d’un an.
Des lacunes à combler
Le professeur Zerhouni a enfin indiqué qu’une analyse de l’ensemble de l’expertise réunie au sein du Conseil avait été menée ce matin même.
Elle fait apparaître des points forts, mais aussi des lacunes. Dans certaines spécialités, le recrutement de nouveaux conseillers s’imposera pour mieux servir le pays.
Farid B.
