Tentative d’instrumentalisation: Macron au Vatican trois jours avant le Pape à Alger

AQuelques jours d’une visite papale historique à Alger, Emmanuel Macron s’envole pour le Vatican. Les 9 et 10 avril, il rencontrera le Pape Léon XIV, soit trois petites journées avant que ce dernier ne pose le pied sur le sol algérien.
Hasard du calendrier ?
Bien sûr que non. En politique, le hasard est une denrée rare, souvent fabriquée.
Cette fois, le président français avance masqué, mais son jeu est déjà lisible : il veut utiliser la voix du Saint-Père pour tenter d’arracher la libération d’un journaliste français condamné en Algérie pour complicité avec un mouvement terroriste. Pathétique, dangereux, et profondément méprisable. Parlons donc de Christophe Gleizes.
Cet homme est entré en Algérie muni d’un simple visa touristique. Pourquoi ? Parce qu’il devait y exercer une activité journalistique sur ordre du numéro deux du mouvement terroriste MAK, Aksel Bellabaci. Il a donc délibérément dissimulé son statut réel pour échapper à la procédure légale d’accréditation. D’ores et déjà, il se trouvait en situation irrégulière et délictuelle.
Sa destination : la Kabylie. Sa mission : réaliser un documentaire sur une prétendue «équipe nationale de Kabylie», une fiction aussi grotesque que séditieuse, qui n’existe que dans l’imaginaire séparatiste.
Sur place, il a pris contact avec des personnes présentées comme les «joueurs» de cette équipe fantôme. Ces mêmes personnes, comprenant probablement la gravité de l’entreprise, l’ont dénoncé aux autorités algériennes, qui l’ont immédiatement interpellé.
Lors de son audition, Gleizes a avoué sans détour sa collaboration étroite avec le chef terroristeAksel Bellabaci et son projet de propagande déguisée en reportage sportif. Il a été jugé, condamné, sur la base de ses propres aveux. Rien à voir avec une liberté de la presse bafouée : tout à voir avec une atteinte caractérisée à la sécurité nationale et à l’intégrité territoriale de l’Algérie. Alors pourquoi Macron se mêle-t-il de cette affaire ?
Parce qu’il est aux abois. Son bilan est désastreux, sa popularité exsangue, et l’élection présidentielle française approche à grands pas.
Il a besoin d’un succès médiatique, d’une libération «humanitaire» qui lui offrirait une tribune gratuite et une posture de sauveur. Peu lui importe que cela passe par une manipulation du chef de l’Église catholique. En sollicitant la médiation du Pape auprès du président Tebboune, Macron commet une grave entorse à l’éthique diplomatique. Il instrumentalise la foi et le prestige du Vatican pour servir des intérêts politiciens bassement électoralistes.
Pire, il tente de faire pression sur un État souverain en utilisant un intermédiaire spirituel, comme si la justice algérienne devait plier devant un marchandage ourdi à l’ombre des chapelles.
Que dirait Emmanuel Macron si un journaliste algérien entrait illégalement en France, avec un visa touristique, pour réaliser un reportage sur une «équipe nationale bretonne», «corse» ou «alsacienne» en soutien à des mouvements indépendantistes violents ? La réponse est connue d’avance : perquisition, garde à vue, procès, expulsion immédiate, et probablement une indignation officielle contre toute atteinte à l’intégrité de la République française.
Mais la France cultive volontiers le double langage. Elle ferme les yeux sur les activités du MAK sur son propre sol, laisse organiser des collectes et des manifestations séparatistes, et exige en même temps que l’Algérie libère un complice de ce même mouvement.
Cette hypocrisie est insupportable.
L’Algérie, par la voix de ses autorités, a toujours fait preuve de responsabilité et de fermeté. Sa justice a parlé. Elle ne rendra pas les armes sous la pression d’une visite papale savamment orchestrée par un
président français à la recherche d’un souffleur.
Le Pape Léon XIV est le bienvenu à Alger pour un voyage de fraternité et de dialogue entre les
civilisations. Il ne sera pas, il ne doit pas être, le messager d’une cause indigne.
Lotfi L. E.