Plaidoyer pour des solutions urgentes et durables: Cancer pédiatrique en Algérie :un centre sous pression

Malgré l’ouverture en 2023 d’un nouveau service dédié à l’oncologie pédiatrique au sein de l’hôpital Lamine Debaghine (Bab El Oued), le centre se retrouve à nouveau confronté à une situation de saturation.
C’est ce qu’a révélé ce mardi la professeure Fatiha Gachi, oncologue pédiatrique et cheffe du service, lors de son intervention à l’émission « L’invité de la matinale » sur la chaîne 2 de la Radio algérienne.Destiné à soulager le Centre Pierre et Marie Curie (CPMC), ce nouveau service a permis pendant deux ans un certain désengorgement. Cependant, seules 28 des 60 lits disponibles sont actuellement fonctionnels.
La professeure Gachi lance un appel pressant à l’ouverture des 32 lits restants, ainsi qu’au renforcement en personnel, notamment en personnel paramédical, un déficit qui freine gravement la prise en charge des enfants atteints de cancer. La cheffe de service a dressé un état des lieux préoccupant du centre : manque d’équipements, pénurie de médicaments, et surtout une grave insuffisance en personnel qualifié. Des problématiques déjà soulevées lors des dernières assises nationales sur la lutte contre le cancer, tenues à Alger les 3 et 4 mai.

Une stratégie nationale en cours d’élaboration
Ces assises ont réuni divers acteurs du secteur de la santé, de l’éducation et de la recherche, avec pour objectif l’élaboration d’un plan national « Cancer 2036 » et d’un plan d’action pour 2025-2026. Le principal levier identifié : la prévention, notamment en milieu scolaire.La professeure Gachi a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur du tabagisme chez les jeunes, le qualifiant de « phénomène national ». Elle a rappelé le lien désormais avéré entre le tabac et le cancer du poumon, plaidant pour une sensibilisation active des élèves et de leurs parents. Le ministère de l’Éducation s’est engagé à introduire dès la prochaine rentrée un programme de prévention axé sur les dangers du tabac et de la malnutrition, un autre facteur reconnu dans l’apparition de cancers infantiles. La spécialiste a insisté sur l’importance cruciale du dépistage précoce, aussi bien chez les garçons que chez les filles. Ce dépistage permet non seulement de sauver des vies, mais aussi de réduire considérablement les coûts de traitement : plus un cancer est détecté tôt, plus il est facile et moins onéreux à soigner.Elle a aussi souligné que les causes environnementales sont rarement déclencheurs directs chez l’enfant, contrairement aux prédispositions génétiques, ce qui rend l’anticipation d’autant plus essentielle.
Avec environ 2 000 nouveaux cas de cancers infantiles enregistrés chaque année en Algérie sur un total de 65 000 cas, l’urgence d’un plan global et bien coordonné est plus que jamais d’actualité .

M.M.

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