Parents âgés: L’Algérie durcit les sanctions contre l’abandon

Le bureau de l’Assemblée Populaire Nationale a donné son accord de principe à une proposition de loi visant à renforcer les sanctions contre les enfants qui négligent leurs parents âgés.
Le texte transforme la piété filiale en obligation juridique, prévoyant des peines de prison et des amendes pour tout manquement constaté. Portée par la députée Laila Elyazidi, cette initiative législative ambitionne de combler le vide juridique actuel. Aujourd’hui, la loi algérienne ne sanctionne pas explicitement l’abandon des ascendants, notamment leur placement en maison de retraite sans raison impérieuse, tant que les seniors ne sont pas jugés «exposés au danger».
La nouvelle proposition repose sur deux axes : le suivi social et la répression pénale.
Les services de l’action sociale devront désormais surveiller la situation des personnes âgées dans leur foyer et signaler tout manquement des enfants aux autorités compétentes.
L’introduction de l’article 32 bis prévoit des peines de six mois à trois ans de prison, accompagnées d’amendes de 50 000 à 300 000 DA, avec possibilité d’interrompre les poursuites si le parent est de nouveau pris en charge. Au-delà de la répression, la loi vise à protéger les aînés contre l’isolement et à garantir leur dignité au sein de leur famille, inscrivant la solidarité et le respect des valeurs familiales dans un cadre légal contraignant. Le texte suivra désormais son parcours législatif avant une éventuelle publication officielle.
Anais G.