L’Algérie veut des partenaires, et elle l’a dit haut et fort depuis Oran. À l’ouverture de la 14e édition du Salon et de la Conférence africain et méditerranéen de l’énergie et de l’hydrogène (NAPEC), qui se tient jusqu’au 7 octobre au Centre des conventions Mohamed-Benahmed, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a lancé un appel direct aux entreprises, aux investisseurs, aux sociétés de services et d’ingénierie et aux partenaires technologiques. «Qu’ils saisissent les opportunités de l’appel d’offres algérien 2026, et qu’ils le fassent dans le cadre de partenariats bâtis sur le partage d’expertise, l’efficacité opérationnelle, l’innovation, le contenu local et la formation des compétences.»
Pour convaincre, Arkab a mis en avant la loi 19-13 sur les hydrocarbures, qui offre selon lui un cadre plus attractif et plus incitatif pour la recherche, l’exploration et la production. Elle ouvre aussi la porte aux technologies modernes, en particulier la récupération assistée, dont l’objectif est simple, accroître les taux de récupération et exploiter au mieux les ressources du sous-sol pour en améliorer la rentabilité.
Le ministre a présenté l’appel d’offres 2026 comme la suite logique du succès de l’édition 2024, dans un cadre compétitif, transparent et tourné vers le long terme. Le calendrier est déjà fixé. Les offres sont attendues en janvier 2027 et les contrats devraient être signés en mars de la même année.
Le président d’ALNAFT, Abdelkader Cherfaoui, a avancé des chiffres pour étayer l’appétit des compagnies. Près de 60 entreprises se sont déclarées intéressées par l’«Algeria Bid Round 2026», et la moitié d’entre elles ont déjà consulté les données techniques et les salles de données virtuelles ouvertes depuis le 1er juin. Un engouement, a-t-il estimé, qui prouve l’attractivité de l’amont algérien.
Il a énuméré les atouts du pays, un important potentiel, un domaine minier diversifié, une expertise et des infrastructures reconnues, une position proche des grands marchés. Son ambition dépasse la simple promotion.
ALNAFT veut s’imposer comme un partenaire institutionnel fiable, capable de faciliter le dialogue, de soutenir l’investissement et d’accompagner la transformation du potentiel en investissements, puis des investissements en profits. Quatre principes guident cette démarche, la transparence, la compétitivité, la confiance et le partenariat. L’autre pari, plus lointain, est celui de l’hydrogène. Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a affirmé que l’Algérie misait sur l’hydrogène renouvelable et sur une chaîne de valeur nationale intégrée, pour renforcer ses capacités industrielles et technologiques et accompagner sa transition vers un système énergétique plus durable.
Cela suppose d’investir dans tous les maillons, de la production d’énergie et de la fabrication des équipements jusqu’à l’électrolyse, au stockage et au transport. Il a aussi insisté sur la recherche et développement, l’innovation et la formation, pour maîtriser des technologies que le pays ne veut pas seulement importer. Adjal a mis en avant le Corridor Sud de l’hydrogène, qui relie l’Afrique du Nord à l’Europe et que Alger présente comme un levier d’intégration régionale et de sécurité des approvisionnements. Il a rappelé que l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signé le 1er octobre la «Déclaration ministérielle d’Alger» sur ce projet. Il a évoqué enfin l’Alliance algéro-européenne pour l’hydrogène, ALTEH2A, dont les premiers résultats de l’étude de faisabilité sont attendus en 2027.
Cette filière s’inscrit, a-t-il précisé, dans une vision plus large de la transition énergétique, fondée sur le solaire, l’éolien et la valorisation des compétences nationales. À Oran, le message est cohérent d’un orateur à l’autre. Le pétrole et le gaz financent le présent, l’hydrogène prépare la suite, et l’Algérie entend rester l’interlocuteur incontournable de l’Europe sur les deux fronts.
Samira G
Ouverture de la NAPEC 2026 à Oran : l’Algérie joue sur deux tableaux, hydrocarbures et hydrogène
