l’OPPO réclame un nouveau partage de la valeur : Farid Ghezali : «L’Afrique doit reprendre sa souveraineté sur ses ressources»

Intervenant hier mercredi sur les ondes de la Radio Algérienne, M. Farid Ghezali, secrétaire général de l’APPO, (African Petroleum Producers’ Organization/Organisation de producteurs de pétrole africains), a expliqué le rôle primordial que s’assigne désormais l’OPPO dans l’objectif vital, pour les nations africaines, de reprendre la souveraineté sur leurs ressources, qu’il s’agisse d’hydrocarbures ou de minerais.
Dans ses partenariats avec des pays extra-africains, le continent ne bénéficie toujours pas des retombées économiques positives et palpables, ni du développement humain escompté pour ses peuples. Résultat de déséquilibres flagrants dans les contrats internationaux d’exploitation de ses ressources, et ce, sur plusieurs générations déjà.

Par la voix de son secrétaire général, l’OPPO plaide aujourd’hui pour «un nouveau type de partenariats fondé sur la création de valeur partagée (…) Il est temps que nos partenariats se fassent de manière équitable», a-t-il expliqué lors de son passage ce matin à l’émission «L’invité du jour».
Argumentant ses déclarations, M. Ghezali témoigne de son expérience : «dans tous les pays africains que j’ai visités, j’ai pu constater qu’il n’y a pas de transfert technologique, ni de formation des personnels, mais uniquement la production des ressources, ceci est affligeant !»

Pour ce faire, et en sa qualité de SG de l’OPPO (depuis janvier 2026), M. Ghezali milite pour des partenariats efficaces entre pays africains et pour le renforcement de la coopération interafricaine.
Consentant au fait que ce discours n’est pas fait pour plaire aux partenaires étrangers, M. Ghezali poursuit, qu’il est «temps d’avoir un dialogue sincère et honnête, qu’on ne parle plus uniquement de barils et de molécules, mais aussi du développement humain en Afrique».

Priorité à l’harmonisation des codes pétroliers
L’OPPO entend prioritairement parvenir à un consensus entre ses 18 pays membres afin d’harmoniser les codes pétroliers, notamment en matière de fiscalité. L’objectif est d’améliorer la gestion des ressources et de renforcer la souveraineté énergétique des États africains.
Le continent produit entre 7 et 8 millions de barils de pétrole par jour, mais n’en raffine qu’environ 30%, ce qui l’oblige à importer une grande partie de ses carburants.
Cette dépendance accentue les effets des fluctuations des prix mondiaux et fragilise les pays aux capacités financières limitées. L’Algérie est citée comme un modèle, puisqu’elle raffine près de la moitié de sa production pour répondre aux besoins de son marché intérieur. L’OPPO souhaite ainsi promouvoir ce type de modèle et mettre en place un cadre réglementaire commun accepté par l’ensemble de ses membres.

Une plateforme digitale et un catalogue des formations aux métiers de l’industrie pétrolière finalisés
Le secrétaire général de l’Organisation panafricaine n’a pas manqué d’annoncer par la même occasion le lancement d’une plateforme digitale de formation africaine destinés aux ingénieurs et techniciens du secteur pétrolier. Faut-il souligner que l’Algérie, qui compte parmi les huit pays fondateurs de l’Organisation panafricaine a contribué, et continue, à former dans ses instituts dédiés à l’industrie pétrolière de nombreux cadres de notre continent.

Samira G.