L’Algérie s’apprête à entrer dans une nouvelle phase économique, celle de l’achèvement des grands projets structurants et de la diversification des revenus.
À l’approche de 2027, les autorités comptent sur cette échéance pour obtenir des avancées visibles dans l’industrie, les mines, l’agriculture, la sidérurgie et le transport ferroviaire.
Le président Abdelmadjid Tebboune rencontre aujourd’hui les opérateurs économiques, un rendez-vous qui renoue avec celui d’octobre 2025 et doit fixer le cap et les priorités des mois à venir.
Le contexte international, marqué par des secousses commerciales et des tensions géopolitiques, pousse Alger à produire davantage, à dépendre moins des marchés extérieurs et à continuer de financer ses grands chantiers avec ses propres ressources.
Le chef de l’État devrait adresser des messages clairs aux hommes d’affaires, et surtout au secteur privé, qui représente environ 85% du tissu économique national. L’État a fait sa part en offrant financements, facilités et incitations. Il attend en retour des résultats à la hauteur de l’effort public, qu’il s’agisse de production, d’emplois ou d’exportations hors hydrocarbures, alors que le Conseil du renouveau économique s’est engagé sur 30 milliards de dollars d’exportations d’ici 2030.
Le président ne cache pas son insatisfaction face à l’écart entre les moyens mis à disposition de certains acteurs et ce qu’ils accomplissent réellement.
Reste à savoir si les entreprises sauront passer de la jouissance d’avantages à la construction d’activités productives et durables, capables de libérer peu à peu l’économie de sa dépendance aux hydrocarbures.
Les regards se tournent vers les projets censés atteindre une phase avancée avant la fin de 2027, en tête desquels les investissements miniers autour du phosphate, de l’acier, du zinc, du plomb et de la barytine, les projets sidérurgiques et l’extension du réseau ferré reliant les zones de production aux ports et aux usines.
L’agriculture et l’agroalimentaire complètent ce tableau, avec l’objectif de réduire les importations et de renforcer la sécurité alimentaire. Du côté des exportations, le ciment, le clinker, les engrais et les dattes ouvrent la voie, mais conserver ces acquis suppose de monter en qualité, de gagner en compétitivité et de bâtir un vrai réseau de sous-traitants, notamment dans l’automobile et les pièces détachées.
Le contrôle des importations reste aussi dans le viseur du président, qui veut les orienter vers les besoins réels de l’économie et combattre les pratiques qui vident les caisses en devises, comme la surfacturation, la sous facturation et les fausses déclarations.
Cette rencontre traduit la volonté de passer de la phase des annonces à celle de l’évaluation des résultats, avec des indicateurs clairs. Le défi ne se mesure pas aux sommes engagées ni au nombre d’accords signés, mais à la capacité des entreprises à livrer dans les délais, à produire davantage, à créer des emplois et à mieux placer le produit algérien sur les marchés internationaux.
Farid B.
L’heure du bilan a sonné pour l’économie algérienne : Tebboune face aux patrons
