Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé hier dimanche une réunion du Conseil des ministres entièrement consacrée à l’agriculture, au développement rural et à la pêche maritime.
Au terme de l’exposé du ministre du secteur, il a énoncé une série d’instructions dont la cohérence tient en trois mots, organiser, produire, approvisionner. Sur le terrain de l’organisation, la première décision est celle d’un nouveau plan d’organisation locale de l’agriculture.
Elle s’accompagne de la création d’un office dédié aux légumes secs et de la mise en place immédiate d’un service spécialisé dans les statistiques agricoles, un outil dont l’absence se faisait sentir dans le pilotage du secteur. Le président a également demandé une révision du fonctionnement et de l’organisation des entreprises relevant de l’agriculture. Côté production, le calendrier est serré. Dès novembre, il faudra préparer la prochaine campagne de moisson et de battage, en dotant les régions productrices des moyens de mécanisation nécessaires. Les terres ne devront plus être laissées en jachère sans justification agricole valable.
Le chef de l’État a par ailleurs prohibé de façon totale l’usage du maïs comme fourrage vert pour
l’alimentation du cheptel. Pour garantir un meilleur approvisionnement du marché, le président a ciblé deux pratiques qui pèsent sur les prix et sur la confiance. Il a insisté sur la lutte contre la rétention des récoltes par certains agriculteurs et contre la fraude, à toutes les étapes de la production et de la distribution. La pêche maritime et les forêts changent aussi d’organisation.
Le ministre de l’Agriculture est chargé de préparer un plan de répartition des missions entre un ministre délégué chargé de la pêche maritime et un secrétaire d’État chargé des forêts. Dans ses orientations générales, le chef de l’État a demandé aux membres du gouvernement d’intégrer les statistiques de leurs secteurs aux systèmes de la plateforme numérique nationale du Haut-Commissariat à la numérisation. Il a aussi ordonné le renforcement des laboratoires de contrôle dans les ports et aéroports, en commençant par les plus actifs, ceux d’Oran, de Mostaganem, de Ghazaouet, de Jijel et d’Annaba, afin de mieux protéger la santé publique.
L’exécutif sera attendu au tournant. Le ministre de l’Agriculture devra présenter, lors d’un prochain Conseil des ministres, un bilan de la mise en œuvre de ces orientations et des effets de l’application de la loi d’orientation agricole.
Anais G.
Légumes secs, statistiques, jachère : Tebboune redessine le secteur agricole
