Le taux recule à 4,7%, porté par 12 000 enseignants et 300 000 apprenants : L’Algérie referme peu à peu le livre de l’analphabétisme

Le chiffre a de quoi surprendre quand on le replace dans son contexte historique.
Selon les statistiques de l’Office national d’alphabétisation et de l’enseignement pour adultes, le taux d’analphabétisme en Algérie s’établit désormais à 4,7%, contre près de 90% au lendemain de l’indépendance.
Pour parvenir à ce résultat, 12 000 enseignants encadrent aujourd’hui près de 300 000 apprenants de tous âges, dans le cadre de l’année
scolaire en cours.

Le directeur général de l’ONAEA, Hicham Berrim, situe ce chiffre dans une trajectoire longue, celle d’un État algérien engagé depuis 1962 dans la reconquête du savoir.
Il rappelle à ce propos les mots du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui n’a jamais caché son amertume face à l’héritage laissé par la colonisation française, celui d’un pays maintenu dans l’ignorance.
C’est ce constat, dit-il, qui a poussé les premiers dirigeants du pays à faire de l’alphabétisation
une priorité nationale, dont les effets se prolongent encore aujourd’hui.
Pour expliquer ce recul continu, Hicham Berrim décrit une stratégie à deux volets.

Le premier, préventif, tient à la généralisation et à la gratuité de l’enseignement pour tous
les enfants algériens, un choix qu’il présente comme la meilleure façon de tarir la source même de
l’analphabétisme.
Le second, curatif, s’appuie sur un budget conséquent et sur d’importants moyens humains, à commencer par les 12 000 agents contractuels qui animent aujourd’hui les classes d’alphabétisation.
Vu sous cet angle, le recul à 4,7% n’a rien d’une surprise, il est plutôt l’aboutissement logique de
décennies d’efforts, des premiers programmes de 1962, menés avec des moyens limités mais un engagement réel, jusqu’à la stratégie nationale lancée en 2008 avec un budget renforcé.

Reste la question des régions où l’analphabétisme demeure plus présent, notamment les zones enclavées, rurales ou montagneuses.
Hicham Berrim rappelle qu’en 2019, une volonté politique nouvelle a permis, pour la première fois, de mettre en lumière ces zones d’ombre et d’y concentrer les efforts, un choix qui porte aujourd’hui ses fruits, avec des taux de réduction jugés très satisfaisants dans ces territoires longtemps restés en marge.

Anais G.