La banque mondiale examine avec une quarantaine de pays les moyens de répondre aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, notamment la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des coûts d’emprunt. Son président, Ajay Banga, évoque la possibilité de mobiliser jusqu’à 100 milliards de dollars si la situation venait à se détériorer.
Dans un entretien accordé à Reuters, Ajay Banga a souligné la résilience relative de l’économie mondiale, soutenue notamment par les investissements dans l’intelligence artificielle et les ajustements de l’offre et de la demande pétrolières. Cette situation explique, selon lui, le recours encore limité aux premières aides d’urgence de 25 milliards de dollars annoncées par la Banque mondiale au début du conflit, fin février.
Toutefois, la hausse des prix du diesel et des engrais, conjuguée aux risques climatiques liés à un épisode El Niño particulièrement intense, accentue les difficultés des économies en développement.
La banque mondiale se tient prête à renforcer son soutien, notamment grâce à des financements supplémentaires et à la réaffectation de ressources issues de projets déjà approuvés.
Une dette extérieure qui pèse sur les économies fragiles. Les pays en développement subissent une pression financière croissante, aggravée par la pandémie, l’inflation et les conséquences de la guerre russo-ukrainienne. Selon la Banque mondiale, leur dette envers les créanciers extérieurs atteindrait 400 milliards de dollars en 2026, dont près d’un tiers correspond aux paiements d’intérêts.
Face à cette situation, plusieurs pays privilégient la restructuration de leurs projets existants pour dégager des liquidités. La banque mondiale pourrait mobiliser jusqu’à 100 milliards de dollars si la crise s’aggrave, tout en renforçant les garanties d’investissement, les financements en monnaie locale et l’accès des petites et moyennes entreprises aux capitaux privés.
Des mécanismes pour alléger le poids de la dette
La banque mondiale et le Fonds monétaire international multiplient leurs initiatives pour alléger la dette des pays en développement et renforcer leurs recettes fiscales. Des accords ont déjà été conclus avec l’Angola et la Côte d’Ivoire, tandis qu’une garantie de prêts a été accordée à l’Argentine. Selon Ajay Banga, une quinzaine de nouveaux accords sont en préparation afin de remplacer des dettes coûteuses par des financements plus avantageux.
Les économies réalisées pourraient être investies dans l’éducation, la santé, l’accès à l’eau et la protection de l’environnement. Ces efforts interviennent dans un contexte d’incertitudes économiques, marqué par les tensions au Moyen-Orient, les risques sur l’approvisionnement énergétique et la hausse des taux d’intérêt, qui fragilisent davantage les économies vulnérables.
Samira G.
