Josep Borrell brise le silence : “L’Europe complice du génocide à Gaza”

Dans une tribune d’une rare intensité publiée par le journal britannique The Guardian, l’ancien chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, accuse frontalement les dirigeants de l’Union européenne de complicité dans les crimes de guerre perpétrés par l’occupation sioniste à Ghaza. À 78 ans, le diplomate espagnol, qui a occupé le poste de Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité entre 2019 et 2024, ne mâche pas ses mots : « Ceux qui n’agissent pas pour mettre fin à ce génocide et à ces violations du droit international, alors qu’ils en ont le pouvoir, s’en rendent complices.
C’est malheureusement le cas des dirigeants de l’Union européenne et de ses États membres ».Cette déclaration intervient dans un contexte de détérioration extrême de la situation humanitaire dans la bande de Ghaza, assiégée depuis octobre 2023 par une agression sioniste que de nombreux observateurs qualifient désormais de génocidaire.
Depuis le 2 mars 2025, tous les points de passage ont été fermés par les forces d’occupation, empêchant l’entrée de l’aide alimentaire et médicale. Le bilan est tragique : 175 Palestiniens sont morts de famine et de malnutrition, dont 93 enfants, selon les autorités sanitaires palestiniennes. L’UNRWA a récemment alerté sur une explosion de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans, qui a doublé entre mars et juin.Face à cette catastrophe humanitaire, Josep Borrell appelle à des mesures concrètes.
Il exige la suspension immédiate des livraisons d’armes à l’entité sioniste, l’interdiction des importations en provenance des colonies de Cisjordanie, et des sanctions ciblées contre les hauts responsables israéliens. Il estime que l’Union européenne a l’obligation légale d’annuler l’accord d’association qui la lie à Israël, en raison du non-respect flagrant de ses obligations humanitaires. « C’est le seul langage qui puisse amener les dirigeants sionistes à cesser de commettre des crimes contre l’humanité », affirme-t-il.Durant son mandat, Borrell avait déjà appelé à plusieurs reprises l’occupation sioniste à respecter le droit international humanitaire. Mais face à l’inaction persistante des institutions européennes, il durcit aujourd’hui le ton. Il avertit que les dirigeants de l’UE pourraient être appelés à rendre des comptes à l’avenir pour leur complicité dans les crimes contre l’humanité. Selon lui, cette passivité nuit gravement à la crédibilité du bloc européen sur la scène internationale et fragilise sa voix en matière de droits humains et de justice.
La commissaire européenne Hadja Lahbib, chargée de l’égalité et de la gestion des crises, a également exprimé son indignation. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle a appelé l’occupation sioniste à mettre fin à sa politique de famine contre les civils et à autoriser l’acheminement de l’aide
humanitaire. Elle a souligné que « l’ampleur des souffrances humaines à Ghaza est horrible » et que « l’humanité doit prévaloir ».Alors que la société civile européenne se mobilise de plus en plus pour exiger des sanctions, plusieurs pays ont déjà suspendu ou restreint leurs exportations d’armes vers Israël. Mais pour Borrell, ces gestes restent insuffisants tant que l’Union européenne dans son ensemble refuse d’agir avec fermeté. Son appel à une rupture politique et économique avec l’entité sioniste résonne comme un cri de conscience dans un monde où le silence diplomatique devient complice de l’horreur .
Imène.G