Infrastructures portuaires : Djen Djen teste sa résistance à la mer

Le projet d’extension du port de Djen Djen franchit une étape déterminante. Les essais sur modèles physiques ont débuté au Laboratoire d’études maritimes de Hydra, avec pour objectif de valider les choix techniques retenus et de vérifier que les futures infrastructures pourront tenir face aux assauts de la mer avant le lancement des travaux.

Contacté récemment, le président-directeur général du port, Walid Boukous, a présenté ces tests comme un tournant majeur pour l’avenir de la structure.
Il s’agit, par la preuve expérimentale, de certifier la tenue et le comportement des futures installations dans les pires conditions maritimes.

Les examens portent sur la stabilité des ouvrages de protection, la propagation de la houle, l’agitation des vagues à l’intérieur du bassin, ainsi que sur les conditions d’accostage et d’amarrage des navires le long des futurs quais.

Pour mener ces simulations, les ingénieurs travaillent sur des modèles réduits en trois dimensions, reproduisant fidèlement les composantes de l’aménagement projeté.
Ces maquettes à échelle permettent d’observer en temps réel la réaction de la structure sous l’effet des forces maritimes, et de vérifier que la digue de protection jouera pleinement son rôle.

L’objectif central reste l’obtention d’un plan d’eau parfaitement calme, condition indispensable à la sécurité des manœuvres et à la fluidité du trafic portuaire.
L’agitation du bassin conditionne directement l’exploitabilité des quais et la capacité du port à recevoir de grands navires sans interruption, tandis que la résistance des ouvrages à quai garantit la sécurité lors des phases de chargement et de déchargement.

Selon Walid Boukous, l’analyse des données recueillies permettra d’ajuster les choix techniques avant leur validation finale, afin d’écarter tout aléa lors des travaux à venir.
Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, s’est rendu le 15 septembre au siège du laboratoire pour prendre connaissance des premiers résultats, un suivi institutionnel qui illustre l’importance accordée au dossier.

Le projet est piloté par l’Agence nationale de réalisation des infrastructures portuaires, maître d’ouvrage délégué, avec l’appui du bureau d’études Modimar et de compétences nationales spécialisées.
Pendant que les études avancent, le port ne ralentit pas son activité et confirme son rôle de plateforme logistique régionale.

Le 20 septembre, Djen Djen a réceptionné une cargaison de 537 bobines d’acier en provenance de Chine, acheminées par le navire MV Seadance, soit un tonnage global de 5 700 tonnes.
Déchargées au quai Algérie 2, ces bobines ont été aussitôt réembarquées vers le port de Djibouti, une troisième opération de cette envergure pour la plateforme de Jijel, qui confirme la montée en puissance de son offre de services pour le traitement des marchandises en transit.

Cette activité soutenue vient conforter la pertinence du projet d’extension, dont l’ambition est de démultiplier les capacités d’accueil du port et d’en maximiser le rendement opérationnel.
Au-delà des travaux de digues et de bétonnage, l’enjeu est de doter Djen Djen d’un outil industriel capable d’accompagner la croissance des échanges commerciaux et d’accueillir les plus grands navires.

Pour la wilaya de Jijel et l’économie nationale, l’aboutissement de ce projet promet de dynamiser durablement le transport, la manutention, la logistique et les services liés à l’exportation.

Lotfi C.