A peine la rentrée scolaire passée, le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Sadaoui, remet les pendules à l’heure.
Réunis en visioconférence depuis le siège du ministère, à El Mouradia, les directeurs de l’éducation et les directeurs délégués ont reçu une feuille de route claire : appliquer le règlement intérieur sans fléchir, finaliser le recrutement des enseignants et gérer chaque situation dans le strict respect de la loi.
Cadres de l’administration centrale et directeur de l’Office national des examens et concours (ONEC) assistaient également à cette conférence nationale.Le ministre a d’abord salué une rentrée qu’il juge sereine et efficace, fruit d’une responsabilité partagée au sein de la communauté éducative.
Il a ensuite placé le règlement intérieur unifié au centre des débats.
Élaboré, débattu et validé lors de la conférence nationale des directeurs de l’éducation, ce texte doit, selon lui, offrir un cadre de scolarisation stable et apaiser la communication entre tous les acteurs de l’école, parents compris. Sadaoui veut donc qu’il soit largement diffusé, y compris sur les plateformes numériques, et que chaque parent puisse en obtenir un exemplaire, sur papier ou en version électronique, avec accusé de réception auprès du chef d’établissement ou après consultation en ligne.
Inspecteurs, chefs d’établissement, enseignants, surveillants et conseillers sont appelés à multiplier les actions de sensibilisation pour unifier les pratiques et ancrer la discipline.
Sur ce terrain, le ministre a abordé sans détour un phénomène qui a fait parler de lui : les vidéos diffusées en direct depuis l’intérieur des salles de classe. Il a félicité la vigilance des directeurs et des chefs d’établissement, rappelant que ces cas relèvent de l’article 43 du règlement, qui interdit l’usage des téléphones et de tout équipement de communication, de prise de vue ou d’enregistrement en classe. Leurs auteurs doivent comparaître devant le conseil de discipline, en présence de leurs parents.
Sadaoui a toutefois tenu à relativiser, en parlant de situations extrêmement isolées, et a insisté sur le respect de l’éthique et du caractère sacré de l’acte éducatif.
L’encadrement pédagogique a constitué l’autre grand chapitre de la rencontre.
Les directeurs de l’éducation ont présenté l’état d’avancement des opérations visant à combler les postes vacants après l’installation des lauréats du concours de recrutement, que le ministre a décrit comme l’une des plus vastes opérations de ce type dans l’histoire du secteur. Il a salué la rigueur des directions, tout en leur demandant de s’en tenir strictement aux textes et de ne pas se laisser influencer par les appels et contenus publiés sur certaines pages de réseaux sociaux, qui cherchent selon lui à perturber le travail des directions ou à entraver l’application de la loi.Une décision concrète est tombée au terme des exposés.
Dans les wilayas qui accusent encore un déficit en éducation physique et sportive, le recrutement pourra se faire en dehors de la wilaya. Pour toutes les autres matières et à tous les paliers, la régulation de l’encadrement est désormais achevée.
Le ministre s’est également penché sur le malaise de certaines catégories qui manifestent devant des directions de l’éducation, notamment des enseignants contractuels recrutés l’an
dernier dont le contrat a pris fin, certains ayant participé au concours, ainsi que des candidats inscrits sur les listes de réserve. Sa réponse tient en un mot : la loi. Les listes de réserve seront exploitées selon les dispositions en vigueur et rien d’autre.
Pour les postes vacants hors des cas prévus par l’instruction n° 01, il sera possible de recourir, si nécessaire, à un recrutement temporaire non susceptible d’intégration, sur la base du volontariat.
Sadaoui a enfin demandé aux directions concernées d’accélérer la finalisation des schémas de gestion dans plusieurs wilayas, de respecter les délais et de renforcer la coordination avec la cellule centrale et les structures spécialisées, afin de mener à terme les opérations de visa et de notification dans les temps.
En clôture, le ministre a rendu hommage aux cadres et aux fonctionnaires du secteur, et exprimé sa gratitude aux hautes autorités du pays, à leur tête le président Abdelmadjid Tebboune. Il a mis en avant le classement de l’Algérie dans l’Indice mondial de l’innovation 2026 : 3e sur 139 pays pour l’indice de l’éducation, et 2e pour les dépenses publiques d’éducation et le financement public par élève dans le secondaire.
Pour lui, ces résultats montrent l’attention que l’État porte à l’école, mais ils obligent aussi. Les moyens alloués doivent s’accompagner d’un travail sérieux, d’une gestion rationnelle des ressources publiques et d’un souci constant d’améliorer la qualité du service éducatif au profit de l’école publique.
Anais G.
Éducation nationale : Sadaoui serre la vis sur la discipline et boucle le dossier de l’encadrement
