Plusieurs villes marocaines sont confrontées à une nouvelle mobilisation autour de revendications sociales, économiques et politiques, dans un contexte marqué par une forte baisse de la participation aux élections législatives du 23 septembre.
Selon les résultats provisoires du ministère de l’Intérieur, le Parti de l’Authenticité et de la Modernité est arrivé en tête avec 97 sièges sur 395, devant le Rassemblement national des indépendants avec 66 sièges et le Parti de l’Istiqlal avec 65 sièges. La participation nationale s’est établie à 38,08%, contre 50,86% en 2021.
Cette faible participation intervient après des mobilisations de jeunes qui avaient déjà exprimé des revendications portant notamment sur l’emploi, les services publics, la santé, l’éducation et les conditions de vie. Des analyses de la campagne électorale ont également relevé la persistance d’un sentiment de distance entre une partie de la jeunesse et les institutions politiques.
Le Parti de l’Authenticité et de la Modernité, qui a obtenu le plus grand nombre de sièges, avait notamment fait campagne sur la création d’un million d’emplois ainsi que sur des investissements dans la santé, l’éducation, la protection sociale et les salaires.
Sa victoire ne lui donne toutefois pas la majorité absolue : la formation devra participer à des négociations pour constituer une coalition gouvernementale. La situation politique est également marquée par la progression du Parti de la justice et du développement, qui a obtenu 54 sièges, contre 13 lors des élections de 2021. Le Rassemblement national des indépendants, qui dirigeait la précédente coalition gouvernementale, est arrivé deuxième avec 66 sièges.
Cette nouvelle configuration devrait entraîner des discussions entre plusieurs formations pour former la prochaine majorité.
Parallèlement aux revendications sociales, la question des relations entre le Maroc et l’entité sioniste constitue un autre important sujet de mobilisation.
En septembre l’entité sioniste a annoncé que les deux pays avaient convenu de renforcer leurs relations diplomatiques, notamment par l’ouverture d’ambassades et la nomination d’ambassadeurs.
Cette décision s’inscrit dans le processus de normalisation engagé en 2020. Des organisations marocaines favorables à la cause palestinienne ont appelé à des rassemblements contre cette évolution.
Le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation a notamment appelé à des manifestations dans plusieurs villes, avec des revendications portant sur l’arrêt du rapprochement avec Israël et le soutien à la cause palestinienne.
À Tanger, une manifestation annoncée par ce collectif a été interdite par les autorités puis dispersée, selon des médias locaux cités par la presse. Ces événements illustrent la coexistence de plusieurs sujets de mobilisation dans le pays : difficultés socio-économiques, attentes concernant les services publics, participation politique et opposition à l’approfondissement des relations diplomatiques avec les
sioniste. Ainsi, au lendemain des élections législatives, le Maroc entre dans une période marquée à la fois par la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale et par la persistance de mobilisations portant sur des questions sociales et de politique étrangère.
Les prochaines étapes dépendront notamment de la composition du gouvernement et de sa capacité à répondre aux principales revendications exprimées dans le débat public.
Malik M.
Des mobilisations sociales et politiques se poursuivent après les élections au Maroc : La contestation gagne du terrain
