Plusieurs médias africains se sont penchés ces derniers jours sur la présence grandissante de l’Algérie sur le continent. Ils retiennent surtout trois choses très concrètes, une liaison numérique, des accords dans l’énergie et des formations professionnelles, qui ouvrent de vraies perspectives de partenariat entre Alger, le Sahel et l’Afrique de l’Ouest.
L’Algérie s’appuie sur sa position géographique, son expertise technique et son expérience énergétique pour bâtir des infrastructures et partager des compétences, bien au-delà des relations bilatérales classiques. Côté numérique, The African Tribune s’est intéressé à la liaison en fibre optique entre l’Algérie et le Niger.
Pour un pays sahélien sans accès à la mer, multiplier les chemins vers l’internet mondial change beaucoup de choses, et le journal y voit l’occasion pour l’Algérie de devenir un passage numérique entre l’Afrique du Nord et le Sahel. Broadcast Media Africa souligne de son côté la solidité que cette connexion apporte aux réseaux nigériens. La liaison, qui passe par l’axe Agadez-Assamaka, offre une voie supplémentaire vers les réseaux internationaux, utile aux services en ligne comme à la diffusion de contenus. Reste que son impact économique dépendra de l’usage réel de l’infrastructure et du développement des services numériques et du commerce en ligne. Dans l’énergie, Burkina Voix a regardé de près la coopération entre Sonelgaz et la compagnie sénégalaise Senelec.
Le site y voit une chance de faire profiter le Sénégal de l’expérience algérienne dans les réseaux d’électricité et de gaz, avec de la formation, de l’assistance technique et peut-être la fabrication d’équipements électriques. Or Noir Africa s’est arrêté sur le protocole d’accord signé entre les deux entreprises, qu’il présente comme un cadre pour échanger des savoir-faire, de la production à la distribution d’électricité, sans oublier la formation du personnel et le partage des bonnes pratiques de maintenance.
Les ressources humaines occupent aussi une belle place. Journal du Niger a mis en avant le programme qui accueille gratuitement en Algérie 500 jeunes Nigériens, répartis dans 19 spécialités comme l’électricité du bâtiment, la plomberie ou la soudure, pour des formations de 20 à 45 jours.
Les filières ont été choisies selon les besoins du marché du travail, afin que les bénéficiaires repartent avec des atouts concrets. Le quotidien nigérien Le Sahel précise que ces jeunes ont été retenus parmi des milliers de candidats dans différentes régions du pays, avec un accompagnement prévu vers l’insertion professionnelle.
Au final, ces projets forment un ensemble cohérent entre infrastructures numériques, coopération énergétique et investissement dans les compétences. Les résultats durables dépendront toutefois de l’utilisation réelle des nouveaux réseaux, de la transformation des savoir-faire en emplois et en projets, et d’une collaboration étroite entre les institutions et les centres de formation des pays concernés.
F. H.
Des médias africains saluent l’élan : l’Algérie avance en Afrique avec des câbles,des kilowatts et des savoir-faire
