Face à la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, l’Algérie accélère la mise en place d’un dispositif national intégré destiné à anticiper les risques et à protéger la santé publique.
Le ministère de l’Environnement et de la Qualité de vie travaille, en coordination avec le Haut-commissariat à la numérisation, à l’élaboration d’une stratégie qui place le renforcement de l’alerte climatique précoce, y compris son volet sanitaire, au cœur du dispositif.
C’est ce qu’a affirmé jeudi dernier la ministre de l’Environnement, Kaoutar Krikou, lors d’une journée d’étude organisée avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire au Centre familial de la CNAS, à Ben Aknoun, consacrée à la prévention et à la riposte face aux risques climatiques pour la santé.
La stratégie repose sur le renforcement d’un système numérique d’échange de données et de production d’indicateurs scientifiques destinés à appuyer la prise de décision, a expliqué la ministre, précisant que ce projet en préparation vise à instaurer un système national intégré de prévention, d’adaptation et de riposte.
Elle a également insisté sur l’engagement constant de l’Algérie à renforcer sa coopération bilatérale et
multilatérale pour promouvoir des solutions justes et durables face aux défis climatiques.
Cette rencontre s’inscrit dans les préparatifs de la 31e Conférence des Parties sur le climat, la COP31, prévue en novembre en Turquie, où l’Algérie compte mettre en avant l’ensemble de ses efforts nationaux.
La ministre a rappelé que le monde, comme notre pays, font face à une accélération des phénomènes climatiques multirisques, entre vagues de chaleur, inondations, incendies, sécheresses et séismes, avec des répercussions lourdes sur les systèmes écologiques, sanitaires, sociaux et économiques.
Les changements climatiques ne relèvent plus d’une simple question environnementale, a souligné Krikou, mais constituent désormais un défi complexe qui entrave le développement et la sécurité sanitaire du pays. Cela impose, selon elle, une approche fondée sur la prévention, l’anticipation, l’adaptation et la résilience, intégrant des mécanismes de réponse immédiate, notamment dans leur dimension sanitaire.
Conformément aux instructions du président de la République, l’Algérie s’est engagée activement dans les efforts internationaux de lutte contre le changement climatique.
L’Algérie a déposé en juin 2026 sa contribution déterminée au niveau national auprès de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, plaçant la santé publique parmi ses priorités, tandis qu’un plan national d’adaptation est en cours d’élaboration.
La ministre a par ailleurs salué la décision présidentielle d’augmenter les salaires des agents de la protection civile, en première ligne face aux effets du dérèglement climatique, ainsi que les mesures de réparation engagées en faveur des sinistrés des incendies survenus en août.
Elle a également rendu hommage aux éléments de l’Armée nationale populaire, mobilisés notamment dans les zones frontalières à travers des opérations de secours, d’assistance sanitaire et des campagnes de vaccination préventive, illustrant selon elle le caractère humain et populaire de l’héritière de l’Armée de
libération nationale.
F. B.
Climat et santé publique : L’Algérie se dote d’un système national d’alerte climatique et sanitaire
