Bruxelles durcit sa position face aux flux migratoires : L’Europe hausse le ton face au Mekhzen

La récente crise liée aux flux migratoires massifs et irréguliers à travers les frontières marocaines s’est transformée en une question de sécurité collective et suscité de vives critiques européennes dans ce qui est présenté comme un «laxisme délibéré» du makhzen.

Dans ce contexte, les événements liés aux mouvements migratoires massifs enregistrés aux frontières maroco-espagnoles depuis fin juillet dernier ont constitué le principal sujet de la réunion de Munich des ministres européens de l’Intérieur, tenue samedi dernier en Allemagne, au cours de laquelle des responsables politiques européens ont vivement critiqué la manière dont le makhzen gère la question des frontières, estimant que la répétition de vagues massives de passages constitue une menace directe pour la sécurité collective de l’espace Schengen.

Selon des médias, la réunion a appelé à la création d’un «nouveau mécanisme européen d’urgence pour faire face aux crises migratoires», visant à instaurer des mesures exceptionnelles permettant d’accélérer les expulsions, de suspendre les délais judiciaires habituels pour le traitement des demandes d’asile, ainsi que de renforcer les prérogatives de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes «Frontex» afin d’imposer un contrôle direct et strict aux frontières adjacentes au Maroc.
Sur le plan politique, les pressions exercées au sein du Parlement européen sur Rabat se sont également intensifiées.

Des responsables politiques de premier plan, dont le président du Parti populaire européen (PPE), ont mis en garde le Maroc contre de «graves conséquences politiques et diplomatiques» s’il continuait à utiliser la question migratoire comme moyen de pression ou de chantage politique à l’encontre des états membres.
Les parlementaires européens rejettent les contestations marocaines de la souveraineté espagnole.
Des organisations de défense des droits humains dénoncent également la répression des migrants et des mineurs par les forces marocaines.

M. M.