L’écran colonial : la propagande française mise à nu

Le long métrage documentaire L’écran colonial, réalisé par Salim Aggar et produit par le ministère de la Culture et des Arts, revient sur l’utilisation du cinéma comme instrument de propagande et de manipulation de l’opinion durant la période coloniale, notamment à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Présenté, vendredi dernier, à la Cinémathèque d’Alger, ce film d’environ 70 minutes s’appuie sur des images d’archives françaises, en particulier celles du Service cinématographique de l’armée, pour mettre en lumière les mécanismes de la guerre psychologique menée par l’administration coloniale.

À travers des projections itinérantes, des films et des reportages, celle-ci cherchait à se présenter comme une force protectrice et bienfaitrice, tout en dissimulant la violence de la répression exercée contre la population algérienne. Le documentaire analyse notamment le rôle de Pierre Merté, associé à la mise en place d’une production cinématographique au service du renseignement français.

Des historiens, des chercheurs, des spécialistes de l’archivage et du cinéma apportent leurs éclairages sur cette entreprise de manipulation, ses moyens et son échec à gagner la confiance des Algériens.
Le film prolonge enfin cette mémoire au-delà de l’indépendance, en évoquant la récupération des véhicules de cinéma itinérant, désormais parés aux couleurs nationales, et l’œuvre de Rachid Alloun, qui aurait dirigé cette activité pendant plus de cinquante ans.

A. S.