Devant plus de 5 000 spectateurs : le court-métrage prend ses quartiers dans l’Oasis rouge

La deuxième édition du Festival du court-métrage de Timimoun a démarré jeudi soir sous un ciel dégagé et devant une foule de plus de 5 000 personnes, installée dans l’espace culturel à ciel ouvert de la ville.
Producteurs, réalisateurs, comédiens et critiques, algériens comme étrangers, avaient fait le déplacement, aux côtés du représentant de la ministre de la Culture et des Arts, Hichem Sekkal, et du wali, Benamar Souna. Empêchée d’être sur place, la ministre Malika Bendouda s’est adressée au public par vidéo interposée. Elle a parlé d’un retour dans l’Oasis rouge, capitale des anciens ksour, et d’un pacte renouvelé qui place la culture au plus près du peuple.

Elle a salué une programmation riche, de la fiction au documentaire, avec le volet Cinéma des lycées et les Rencontres du crépuscule, avant de déclarer le festival ouvert. Pour elle, le cinéma reste le rempart qui garde la mémoire de l’histoire et de ses sacrifices contre l’oubli. Le wali s’est dit heureux d’accueillir un tel rendez-vous, d’autant qu’il tombe au moment du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution.
Il y voit la preuve que la culture est un moteur de développement et que chaque région recèle un patrimoine et un potentiel créatif à faire valoir. Le moment le plus touchant est venu du commissaire du festival, Fayçal Sahbi, visiblement ému. Il a confié que ce discours était le plus difficile qu’il ait eu à écrire, puisqu’il parlait devant des gens qu’il aime.

Il a raconté sa première visite dans la région, où un sage de la ville lui avait soufflé qu’être patient face à ce que l’on déteste permet d’atteindre ce que l’on aime. Rappelant l’adhésion spontanée du public lors de la première édition, il a redit son souhait d’un festival populaire, ouvert au cinéphile comme au curieux ou à la famille venue passer une bonne soirée. Il a remercié les autorités, le ministère, les partenaires et les bénévoles, puis formulé un vœu simple : que chacun trouve ici un film qu’il aime, une rencontre heureuse ou un instant qu’il voudrait voir durer. Les films en compétition dans les trois catégories, fiction, documentaire et animation, ont ensuite été présentés, ainsi que les trois jurys chargés de les départager.
La soirée s’est refermée sur Le Temps d’un bonheur, un spectacle d’une demi-heure signé Moussa Noun, artiste connu pour ses créations monumentales.

Chorégraphies fluides, projections lumineuses sur les décors naturels et jeux d’ombres ont évoqué la poésie des ksour du Gourara, portés par une bande sonore immersive qui a restitué le mystère du désert.
Deux hommages ont aussi marqué la cérémonie. Le technicien supérieur et documentariste Amar Rabia a été distingué pour cinquante ans passés au service du cinéma national et de la sauvegarde de sa mémoire, un geste qui rappelle le rôle essentiel des techniciens sur les tournages. La mémoire du réalisateur et scénariste Anis Djaâd a ensuite été honorée dans une atmosphère très émouvante, avec l’annonce de la création du «Gourara Lab Anis-Djaâd», un espace de formation destiné à prolonger son attachement aux marges et à épauler la nouvelle génération de cinéastes algériens.

Amina S.