Gaz et pétrole : Paris se tourne vers Alger pour sécuriser son énergie

Face aux tensions sur les marchés mondiaux et à la hausse des prix du gaz en Europe, Paris se tourne vers Alger pour obtenir davantage de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). Une demande qui confirme le poids stratégique de l’Algérie dans la sécurité énergétique européenne. La France cherche à sécuriser ses approvisionnements énergétiques en sollicitant l’Algérie pour augmenter ses livraisons de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Selon une source, Paris a demandé une hausse rapide des volumes importés, dans un contexte international marqué par des perturbations des circuits d’approvisionnement et des tensions sur les marchés de l’énergie.

Cette démarche met en évidence la place qu’occupe l’Algérie dans la stratégie énergétique française. Grâce à ses ressources en hydrocarbures, à ses infrastructures d’exportation et à sa proximité géographique avec l’Europe, le pays constitue un partenaire important pour les États qui cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement. La demande française souligne ainsi l’intérêt porté aux capacités algériennes dans un environnement énergétique incertain. L’Algérie serait en mesure d’augmenter ses livraisons de pétrole à la France. La situation est toutefois plus complexe pour le GNL.

L’Algérie, un partenaire énergétique incontournable
Les chiffres de 2024 permettent de mesurer l’importance de la relation énergétique entre les deux pays. Les exportations algériennes de GNL ont atteint 11,62 millions de tonnes, contre 13,45 millions de tonnes en 2023. Cette baisse s’explique notamment par le recul de la demande européenne et par des opérations de maintenance sur certaines infrastructures, dont le terminal d’Arzew.
Malgré ce repli, l’Algérie a conservé sa place de deuxième exportateur africain de GNL, derrière le Nigeria. La Turquie a été son premier marché, avec 4,05 millions de tonnes importées, suivie de la France, qui en a reçu 3,26 millions de tonnes.

À eux deux, ces pays ont représenté près de 63% des exportations algériennes de GNL en 2024.
Ces données confirment le rôle central de la France parmi les clients gaziers de l’Algérie.
Elles montrent également que le gaz algérien demeure un élément important de la diversification énergétique européenne, malgré les variations des volumes exportés. La sollicitation de Paris intervient alors que les prix du gaz sur le marché européen connaissent de fortes tensions.
En outre sur le marché à terme néerlandais TTF a atteint 89,72 dollars, contre 32 euros en février, avant le déclenchement de la guerre en Iran. Cette évolution accentue les préoccupations concernant le coût de l’énergie et la sécurité des approvisionnements. Pour la France, obtenir des volumes supplémentaires auprès de l’Algérie pourrait contribuer à réduire les incertitudes liées aux marchés internationaux.
Pour Alger, cette demande illustre l’importance stratégique de ses ressources et renforce sa place dans les relations énergétiques avec l’Europe.

Samira A.