Entre Alger et Dakar, l’heure est à la réactivation des mécanismes de la coopération, près de 30 ans après la dernière session de la Grande Commission mixte algéro-sénégalaise, tenue en 1997.
En coprésidant, hier, avec son homologue sénégalais, la 6e session de cette grande commission mixte, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf a défini les priorités urgentes afin de rattraper le retard.
«Nous estimons que la prochaine étape devrait être axée sur la valorisation effective de ces acquis et l’exploitation de l’ensemble des avantages offerts par la Zone de libre-échange continentale africaine
(ZLECAf), en vue d’accroître les échanges commerciaux, de promouvoir les investissements croisés et d’encourager les opérateurs économiques algériens et sénégalais à explorer les opportunités qu’offrent les économies de nos deux pays», a déclaré le chef de la diplomatie algérienne, dans son allocution.
Attaf qui, d’emblée, a mis en avant «la volonté politique qui anime nos deux pays» de donner un nouvel élan aux relations bilatérales, a estimé que cette réunion revêtait «une signification particulière».
La responsabilité des deux parties est désormais de «passer de la valorisation de notre patrimoine historique commun à sa mobilisation au service de la construction d’un partenariat plus dynamique et plus durable», a-t-il soutenu, appelant à appuyer les acquis et les liens unissent l’Algérie et le Sénégal «afin d’ouvrir une nouvelle étape» du partenariat.
Rappelant que le Sénégal est pour l’Algérie «un pays frère et un partenaire important en Afrique de l’Ouest», Ahmed Attaf a admis que les échanges économiques et commerciaux «demeurent en deçà du potentiel» dont disposent les deux pays. «Cette situation nous appelle à œuvrer conjointement afin de remédier à ce déséquilibre et de réunir les conditions propices au développement des investissements, des partenariats et des projets communs», a-t-il plaidé, non sans rappeler que l’Algérie «a, depuis 2023, pris plusieurs initiatives visant à renforcer sa présence économique au Sénégal, notamment l’ouverture d’une banque algérienne à Dakar, la création d’un espace permanent d’exposition des produits algériens, le renforcement de la connectivité aérienne, le lancement de la ligne maritime entre l’Algérie et Dakar, ainsi que la participation régulière aux manifestations économiques et commerciales organisées au Sénégal».
Appelant «à la réactivation du Conseil d’affaires algéro-sénégalais et au renforcement de ses capacités», afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle dans le rapprochement des entreprises, l’identification des opportunités d’investissement, le chef de la diplomatie a exprimé «la disponibilité» d’Alger à accompagner le Sénégal dans le domaine des énergies, dans un esprit de partage d’expérience, de transfert de savoir-faire et de création de valeur ajoutée.
Enfin, tout en espérant que cette session constitue «une étape charnière» dans l’évolution des relations entre Alger et Dakar, Attaf a affiché son souhait qu’elle jette «les bases d’un partenariat renouvelé, fondé sur la complémentarité économique, l’approfondissement du dialogue politique, le renforcement de la solidarité humaine et la consolidation de la coordination africaine». «Notre ambition commune peut se résumer en trois orientations claires : davantage de dialogue politique, un meilleur encadrement de nos relations bilatérales et des résultats plus concrets en matière de coopération bilatérale», a-t-il résumé.
Farid B.
Coopération-investissements : trente ans après, l’Algérie et le Sénégal se retrouvent
