Le président Abdelmadjid Tebboune a choisi la fermeté. Face à la flambée des prix des fruits et légumes, l’État ne laissera personne jouer avec le pouvoir d’achat des Algériens.
Dans son entrevue périodique avec la presse nationale, diffusée hier soir sur les chaînes de télévision et de radio publiques, il a d’abord pris soin de mettre hors de cause la plupart des agriculteurs, qui ne sont pas responsables du niveau atteint par les prix. Puis il a visé les autres, sans les nommer.
«Tous ceux qui en sont à l’origine devront assumer leurs responsabilités.» Sa formule en dialecte algérien est encore plus directe : «que celui qui s’est mis dans ce pétrin se débrouille pour en sortir».
Le message s’adresse aussi à l’administration. Le chef de l’État a affirmé avoir suspendu des responsables locaux, estimant que l’époque du caïd, du pacha et de l’agha appartient définitivement au passé.
Le temps des petits potentats, a-t-il fait comprendre, est terminé.
Sur le terrain économique, le président a voulu éteindre les inquiétudes. Interrogé sur les réserves de change à l’horizon 2031, il a promis qu’elles resteront à un niveau «élevé». Tout ce que fait l’État aujourd’hui, a-t-il insisté, vise à renforcer les revenus hors hydrocarbures et à desserrer l’étau de la rente. Il a surtout déplacé le débat. «Ce n’est pas une question de devises, mais d’indépendance.»
Pour lui, l’argent n’est qu’un outil, la liberté de décision est l’enjeu.
Il a également estimé que l’Algérie avait atteint un «stade très avancé» en matière de numérisation.
Sur le marché pétrolier, Alger revendique la posture d’un acteur sérieux. L’Algérie, a-t-il rappelé, est un État responsable qui «ne fait preuve d’aucune imprudence» et qui respectera tout consensus qui se dégagera.
Mais c’est en politique étrangère que son propos a été le plus tranché. «L’Algérie ne renoncera à ses relations d’amitié ni avec la Russie, ni avec les États-Unis, ni avec la Chine.» Il reconnaît que cela puisse paraître impossible, mais pas pour l’Algérie, qui garde «sa fierté et sa liberté de décision».
Il a illustré cette ligne par l’escale technique du président iranien à Alger, en route vers New York pour l’Assemblée générale des Nations unies.
L’Algérie l’a accueilli, a-t-il dit, comme elle accueillerait n’importe quel autre chef d’État qui le demanderait. Une attitude, a-t-il ajouté, qui fait honneur à la noblesse du pays et à son choix souverain, que certains acceptent et que d’autres supportent mal.
Farid B.
Le président ne cède rien sur le pouvoir d’achat ni sur la souveraineté
