L’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado Pascua, a affirmé que les critères de gouvernance environnementale, sociale et institutionnelle, plus connus sous l’acronyme ESG, sont devenus un élément central du développement du partenariat économique entre Alger et Bruxelles, susceptible de soutenir les investissements ainsi que l’intégration industrielle et commerciale entre les deux parties, rapporte l’agence italienne Nova.
Le diplomate s’exprimait à l’occasion de la première édition du Sommet de l’excellence, de la durabilité et de la responsabilité, organisé à Alger par l’entreprise Leancubator, en présence du ministre de l’Économie de la connaissance et des Start-up, Nordine Ouadah, ainsi que de plusieurs acteurs du monde économique.
Dans son intervention, Mellado Pascua a insisté sur le fait que les normes ESG ne relèvent plus de simples exigences bureaucratiques mais font désormais partie intégrante de la compétitivité et des stratégies industrielles, touchant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production au transport, en passant par la conception et le conditionnement.
Selon l’ambassadeur, ces normes revêtent une importance particulière dans les relations économiques algéro-européennes, dans la mesure où elles conditionnent l’accès au marché européen et la capacité des entreprises à s’intégrer dans les chaînes de valeur internationales.
Leur mise en application, a-t-il estimé, pourrait ainsi contribuer à renforcer l’intégration industrielle et économique entre les deux rives.
Il a par ailleurs cité les projets communs, les investissements et l’intégration commerciale comme des axes majeurs du futur de cette coopération, dans le cadre de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne et du partenariat euro-méditerranéen.
Interrogé sur la volonté algérienne de réviser cet accord d’association, le diplomate a confirmé que l’Algérie souhaitait effectivement engager une révision, assurant que l’Union européenne était disposée à discuter des moyens d’approfondir une relation bilatérale qui dépasse désormais le cadre du commerce
traditionnel.
Il a également évoqué le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières comme l’un des dossiers appelés à peser de plus en plus lourd sur les échanges commerciaux, à mesure que les normes environnementales appliquées au commerce international se durcissent.
L’ambassadeur a tenu à souligner que la transition environnementale, sociale et de gouvernance devait être juste, équitable et porteuse de progrès, intégrant la formation, le développement des compétences, le bien-être des travailleurs et le développement social.
Il a relevé, à ce titre, l’existence de convergences réelles entre l’Algérie et l’Union européenne sur les questions environnementales, l’innovation et les enjeux sociaux.
Il a conclu en affirmant que l’objectif poursuivi était de bâtir une relation économique allant au-delà du commerce classique, vers des projets industriels, des investissements et des chaînes de valeur partagés, estimant que de nombreux champs de coopération restent à explorer entre les deux partenaires.
Lotfi L.-E.
Alger-Bruxelles : Un partenariat à réinventer
