Une foule nombreuse s’est réunie hier au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria, sur les hauteurs d’Alger, pour rendre un dernier hommage à Sid-Ahmed Agoumi, figure emblématique du cinéma et du théâtre algériens, décédé à Paris à quelques jours de son 86e anniversaire.
La dépouille du comédien, de son vrai nom Sid Ahmed Meziane, est arrivée hier à Alger à bord d’un vol en provenance de Paris.
Elle a ensuite été transférée au Palais de la Culture, où proches, artistes, professionnels du cinéma et du théâtre, écrivains et simples citoyens sont venus nombreux saluer une dernière fois la mémoire de celui qui aura marqué plusieurs générations.
Parmi les proches du défunt figuraient notamment sa fille, l’actrice Samia Meziane, et son époux, le comédien Khaled Benaïssa, aux côtés de nombreuses personnalités du monde artistique et culturel. L’émotion était particulièrement palpable lors de cette veillée d’hommage, qui a réuni un public venu témoigner de son attachement à l’artiste.
Une carrière exceptionnelle sur les planches et à l’écran
Monument du théâtre et du cinéma algériens, Sid-Ahmed Agoumi avait également acquis une reconnaissance au-delà des frontières.
Dès ses débuts, dans les années 1960, il s’était illustré sur les planches en interprétant des personnages issus de grandes œuvres de Bertolt Brecht, Sean O’Casey, William Shakespeare, Kateb Yacine, Mouloud Mammeri et Mohammed Dib, entre autres. Sa carrière cinématographique, riche de plus de cinquante films, l’a également conduit à travailler avec de grands noms du cinéma algérien et international.
Il a notamment joué dans Z de Costa-Gavras, La Voie de Mohamed Slim Riad, Les Hors-la-loi de Tewfik Farès, Kahla ou Beida de Abderrahmane Bouguermouh, Le Moulin de M. Fabre de Ahmed Rachedi, ainsi que dans Il était une fois dans l’Oued de Djamel Bensalah et L’Italien aux côtés de Kad Merad.
Artiste mais également responsable culturel, Sid-Ahmed Agoumi a dirigé plusieurs institutions, notamment la Maison de la Culture de Tizi Ouzou, le Théâtre régional de Annaba, le Centre de Culture et d’Information (CCI) ainsi que le Théâtre national algérien (TNA).
Après l’assassinat du dramaturge Abdelkader Alloula, alors directeur du Théâtre régional d’Oran, en 1994, Sid-Ahmed Agoumi avait choisi de s’installer en France.
Il n’avait toutefois jamais rompu avec la scène artistique algérienne et avait continué à participer à de nombreuses productions de cinéastes algériens et français.
Avec sa disparition, le monde artistique algérien perd une voix et un visage qui auront accompagné plusieurs décennies de son histoire culturelle. L’affluence enregistrée hier au Palais de la Culture aura témoigné, avec force, de l’empreinte laissée par l’acteur dans la mémoire du public algérien.
Amina S.
La dépouille de l’artiste rapatriée hier de France : L’ultime adieu à Sid-Ahmed Agoumi au Palais de la Culture
