En l’espace de quelques jours à peine, un entretien téléphonique qualifié de «productif», puis une rencontre en présentiel au palais d’El-Mouradia, entre Alger et Washington, la concertation ne cesse de se densifier. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu hier dimanche le conseiller principal du président américain pour l’Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient, Massad Boulos, accompagné de Mark Shapiro, chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis en Algérie, et de Sarah Knight, chargée des questions diplomatiques.
Selon la Présidence, l’audience s’est tenue en présence du ministre d’État chargé de l’Inspection générale des services de l’État et des Collectivités locales, Brahim Merad, du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et du conseiller diplomatique du chef de l’État, Amar Abba.
À l’issue de l’entretien, Massad Boulos n’a pas caché sa satisfaction. «Ce fut une rencontre extrêmement fructueuse. Notre échange d’aujourd’hui s’inscrit dans le prolongement de notre dernière discussion sur nos priorités régionales communes», a-t-il déclaré, avant d’ajouter : «L’Algérie est un partenaire important pour les États-Unis dans le renforcement de la sécurité régionale, l’élargissement des opportunités économiques et la réalisation d’une prospérité partagée pour nos deux pays.»
Le conseiller du président américain a par ailleurs présenté ses condoléances au gouvernement et au peuple algériens à la suite des récents incendies ayant touché plusieurs régions du pays.
Cette visite intervient à peine 72 heures après la rupture, par Alger, de ses relations diplomatiques avec Abou Dhabi. Or, il n’est un secret pour personne que les Émirats arabes unis entretiennent des liens étroits avec Washington, ce qui nourrit l’hypothèse d’une médiation américaine entre les deux capitales. Mais tant qu’Alger n’envisage aucune concession sur sa souveraineté et l’indépendance de ses décisions, un tel scénario paraît difficile à imaginer, à moins que les Émirats ne fassent preuve de la lucidité nécessaire pour cesser leurs manœuvres déstabilisatrices aux frontières du pays.
Le ministère des Affaires étrangères l’avait rappelé sans détour, face à la multiplication des agissements hostiles émiratis, «l’Algérie a fait montre d’une grande retenue et d’un sens élevé des responsabilités», n’ayant eu de cesse d’alerter et de mettre en garde contre les conséquences d’un comportement jugé «regrettable et injustifiable». Mais toute patience a ses limites.
Ce nouvel épisode n’entame en rien la dynamique engagée entre Alger et Washington. Il y a moins d’une semaine, Massad Boulos évoquait déjà, sur ses réseaux sociaux, un échange «productif» avec le président Tebboune, soulignant le soutien américain à une coopération sécuritaire approfondie et à l’élargissement des opportunités pour les entreprises américaines en Algérie, porté notamment par un partenariat énergétique en pleine expansion.
Signe que cette relation ne se limite pas au seul volet diplomatique, le haut conseiller américain a également été reçu par le Premier ministre, Sifi Ghrieb une rencontre qui traduit une volonté commune de donner à cette coopération une dimension plus concrètement économique, tant il revient in fine aux gouvernements de transformer les intentions politiques en opportunités d’affaires.
Farid B.
Boulos salue le rôle régional de l’Algérie : «Un partenaire important»
