Oum El Bouaghi: La santé en mutation

La wilaya de Oum El Bouaghi vit une véritable révolution sanitaire portée par une stratégie de modernisation et de spécialisation.
L’exécutif local s’emploie à transformer le paysage hospitalier, à renforcer le plateau technique et à réduire les déplacements contraignants des patients vers les grands centres hospitalo-universitaires de Constantine et Batna.
Cette dynamique s’incarne dans la mise en service de nouvelles infrastructures et dans la relance de projets longtemps en souffrance.
L’hôpital public Mustafa-Ben-Boulaïd de Aïn M’lila, inauguré en juillet 2025 avec une capacité de 240 lits, s’impose déjà comme un pivot régional grâce à ses spécialités médicales et chirurgicales de pointe. Dans la foulée, un autre hôpital de 240 lits est inscrit au chef-lieu de wilaya, avec l’ambition d’évoluer vers un futur Centre Hospitalo-Universitaire.
Ce projet intègre une extension dédiée à l’oncologie et à la radiothérapie, signe d’une volonté de répondre aux besoins les plus sensibles de la population.
La modernisation ne se limite pas aux murs : elle s’étend aux équipements d’imagerie lourde.
L’hôpital Slimane-Amirat de Aïn M’lila a bénéficié de plus de 24 milliards de centimes pour l’acquisition d’un scanner et d’une IRM, auxquels s’ajoutent 11 milliards pour un scanner de 64 barrettes. Ces investissements, couplés au renforcement en médecins spécialistes, améliorent la qualité des soins, même si certaines disciplines souffrent encore d’un déficit chronique de praticiens.
La wilaya s’attaque aussi aux projets gelés. L’hôpital de 60 lits de Dhalaa, suspendu depuis 2015, a retrouvé une assiette foncière et relance ses travaux. Celui de Aïn Kercha, également de 60 lits, affiche un taux d’avancement élevé, soutenu par une enveloppe de 50 milliards de centimes pour l’acquisition d’équipements de pointe.
Une demande d’inscription pour un hôpital similaire à Sigus est en cours d’étude, dans le cadre de la révision de la carte sanitaire. En parallèle, un réseau dense de cliniques urbaines et de polycliniques, complété par 47 salles de soins, assure une couverture de proximité.
Le défi reste cependant l’attractivité des praticiens dans des spécialités vitales comme l’anesthésie-réanimation, la chirurgie cardiaque, la neurochirurgie ou la radiologie spécialisée.
L’enjeu est clair : transformer ces structures en pôles d’excellence capables de retenir les compétences et d’offrir aux citoyens une prise en charge digne. Oum El Bouaghi trace ainsi la voie d’une santé moderne, ambitieuse et tournée vers l’avenir.
Lotfi C.