A l’approche de l’élection présidentielle en France: L’Algérie au cœur de la campagne

Comme il fallait s’y attendre, les sujets liés à l’Algérie sont revenus au devde sa suppression unilatérale un axe majeur de sa campagne, qualifiant le texte de « privilège injustifié », et son abrogation pure et simple est présentée comme la condition sine qua non pour ramener les ressortissants algériens sous le régime du droit commun.
Mais la grande surprise est venue d’Édouard Philippe, candidat pour Horizons, qui a franchi un cap politique en se prononçant explicitement pour la dénonciation de ce traité vieux de près de soixante ans et qui est vidé de sa substance. Fidèles donc à leur position qui pousse à l’aggravation de la crise diplomatique entre Alger et Paris, ces acteurs politiques exploitent cette question pour amplifier leur auditoire et espérer rafler à leur cause tous les nostalgiques de l’Algérie française.
Pendant ce temps, les acteurs de la gauche ont dénoncé une dérive électorale et une focalisation obsessionnelle qu’ils jugent « algérophobe ».
Pour les partisans d’une relation équilibrée des relations entre l’Algérie et la France, basée sur le respect mutuel, de manière générale et les défenseurs du texte de manière particulière, l’accord de 1968 ne peut être traité comme une simple variable d’ajustement électorale : il est le fruit d’une histoire commune et mémorielle complexe.
La gauche rappelle en outre qu’une dénonciation unilatérale provoquerait une crise diplomatique majeure avec Alger, tout en soulignant que les révisions successives de l’accord (notamment en 1985, 1994 et 2001) ont déjà largement aligné le statut des Algériens sur le droit commun.
À l’approche du scrutin, l’Algérie se trouve malgré elle au cœur de la campagne électorale en France.
Fateh H.