Prison dans le Sahara pour les barons de la drogue: L’écho international se propage

La nouvelle a franchi les frontières en quelques heures à peine. La décision du président Abdelmadjid Tebboune de transformer une caserne de l’Armée nationale populaire, implantée dans l’immensité de Tanezrouft, à l’extrême sud du pays, en établissement pénitentiaire de haute sécurité réservé aux grands noms du narcotrafic, a suscité un intérêt manifeste au-delà des frontières algériennes. Annoncée à l’issue d’une réunion du Haut Conseil de sécurité présidée par le chef de l’État, la mesure a été relayée par des médias aussi divers que ceux de France, du Canada, d’Italie, de Turquie, du Royaume-Uni ou encore de plusieurs pays arabes et africains. Un point commun traverse cette couverture : l’insistance sur le choix de Tanezrouft, région dont l’isolement extrême et la dureté climatique en font, aux yeux de nombreux observateurs, un symbole fort de la nouvelle fermeté algérienne face au crime organisé.
Car au-delà du seul aspect carcéral, c’est bien un changement de stratégie que traduit cette annonce. L’État algérien entend franchir une étape supplémentaire dans sa lutte contre le narcotrafic, une ambition renforcée par la mise en place annoncée d’un dispositif de sécurité spécialisé dans la répression des
stupéfiants. Au Canada, le Journal de Montréal a particulièrement insisté sur la logique d’isolement qui sous-tend cette décision : couper les grands trafiquants de leurs réseaux et de leur environnement habituel, tout en soulignant la création d’un appareil sécuritaire inspiré de modèles étrangers, à commencer par la DEA américaine. En Italie, l’agence Agenzia Nova a pour sa part mis l’accent sur l’implantation de cette prison en plein désert, qu’elle inscrit dans une stratégie plus vaste de lutte contre les réseaux criminels transfrontaliers.L’ampleur de l’écho médiatique suffit à mesurer le retentissement de l’annonce. Le site panafricain Afrik.com y a vu l’illustration d’un durcissement généralisé de la réponse sécuritaire algérienne, tandis que le site mauritanien News Rim a évoqué la naissance d’une sorte de version algérienne de la DEA, taillée pour traquer les grands barons.
De nombreux autres médias européens et internationaux ont, chacun à leur manière, fait de Tanezrouft l’un des symboles les plus frappants de cette nouvelle offensive contre le narcotrafic.
De son côté, Arab News a relevé que cette future prison saharienne vise autant le trafic de drogue que la contrebande et la circulation de psychotropes, rappelant au passage que des voix s’étaient déjà élevées, au sein de la population, pour réclamer l’installation de prisons en plein désert destinées aux trafiquants et aux membres de gangs.
La télévision jordanienne Al-Ghad a quant à elle évoqué la perspective de voir les trafiquants transférés vers l’un des environnements les plus hostiles de la planète, rappelant à cette occasion que les autorités algériennes multiplient les annonces de saisies spectaculaires.
N. C.