La peine de mort de retour dans le Code pénal: Les pyromanes payeront de leur vie

La colère du chef de l’État a pris, ce dimanche, la forme d’une décision sans équivoque. Présidant au siège de la Présidence de la République une réunion consacrée à la prise en charge des conséquences des récents incendies ayant touché plusieurs wilayas de l’est et du centre du pays, en présence de hauts responsables militaires et civils, le président Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, a ordonné au ministre de la Justice, garde des Sceaux, de modifier le Code pénal avant le 15 septembre, afin d’y réinstaurer la peine de mort, avec exécution, contre les individus impliqués dans des incendies volontaires, une fois épuisées toutes les voies de recours garanties par la loi. Le chef de l’État a par ailleurs insisté pour que cette modification soit soumise au Gouvernement dès cette semaine, avant sa présentation à l’Assemblée populaire nationale.Le message adressé à ceux qui allument le feu ne laisse place à aucune ambiguïté.
« Celui qui pense que la loi ne sera pas appliquée doit savoir que la société et la justice lui demanderont des comptes », a averti le président de la République, fixant d’emblée le ton d’une réunion placée sous le signe de la fermeté. Il a également ordonné aux walis des wilayas touchées de transmettre l’ensemble des informations relatives aux départs de feu aux services de sécurité, révélant que plusieurs individus soupçonnés d’être impliqués dans le déclenchement de ces incendies ont d’ores et déjà été arrêtés.
« Quiconque pense que l’Algérie échouera se trompe, elle est connue pour ses sacrifices et nul ne peut la faire plier », a-t-il lancé, avant de pointer un élément qui nourrit ses soupçons : « Il est anormal que des incendies se déclarent au même moment, comme ceux qui se sont déclenchés à une heure du matin pour se propager rapidement en l’absence de vent. »
Le président de la République n’a pas occulté la douleur de ces derniers jours, reconnaissant que le pays est « éprouvé par la perte de nos concitoyennes et concitoyens », tout en affirmant que cette épreuve « ne nous découragera pas ».
Au-delà de la fermeté judiciaire, le chef de l’État s’est également penché sur le sort des populations sinistrées. Concernant l’indemnisation des victimes, il a annoncé la mise en place de commissions chargées du recensement et de l’inventaire des dégâts, afin d’en déterminer précisément l’ampleur et d’en assurer le suivi, ordonnant à tous les secteurs concernés de « redoubler d’efforts et de mobiliser tous les moyens nécessaires » pour garantir le bon déroulement de cette évaluation.
Il a précisé que le ministère des Finances travaille actuellement à fixer les modalités de la formule d’indemnisation qui sera accordée aux sinistrés, s’engageant personnellement à ce qu’ils soient dédommagés pour l’intégralité de leurs pertes, quelle qu’en soit la nature.
Le président de la République a par ailleurs enjoint au ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire de prendre, en coordination avec les walis, toutes les dispositions nécessaires pour engager immédiatement l’opération de relogement des sinistrés, afin de permettre un retour à la vie normale dans les meilleurs délais.
Dans une perspective plus large, il a également ordonné que des études spécifiques soient menées par des experts sur les normes de réalisation des logements situés en zones forestières, dans le but de mieux protéger les citoyens contre le risque d’incendies futurs.
Sur le plan des infrastructures, le chef de l’État s’est montré tout aussi précis dans ses délais : « Au plus tard samedi prochain, la réparation des réseaux d’eau potable, de gaz et d’électricité, ainsi que du réseau de télécommunications, sera prise en charge, afin de garantir le retour des citoyens à leurs logements en tout confort et sécurité », a-t-il insisté.La réunion s’est refermée sur une note résolument offensive.
Le président de la République a affirmé que « l’enjeu est désormais de faire face à tous ceux qui tentent d’affaiblir l’Algérie et de porter atteinte à son unité », assurant que le pays est capable de surmonter toutes les épreuves et toutes les circonstances. Entre sanction exemplaire pour les auteurs d’incendies volontaires et mobilisation générale pour les sinistrés, l’État affiche ainsi une double détermination : ne rien laisser impuni, et ne laisser personne sans réponse.
Anais.G.