Les pouvoirs publics mènent une véritable course contre la montre pour boucler le dispositif juridique en vue des prochaines élections locales. L’objectif affiché est de redonner du poids aux assemblées communales et de wilaya, en leur assurant une légitimité pleinement populaire, constitutionnelle, juridique et démocratique, de manière à élire des représentants compétents et capables de porter la voix
des citoyens.
Ce chantier s’est accéléré avec la nomination de Saâd Arous à la tête de l’Autorité nationale indépendante des élections, puis avec la publication du décret exécutif 26-282, qui redessine les circonscriptions et fixe le nombre de sièges au sein des assemblées populaires communales et de wilaya.
Ce texte vient remplacer l’ancien décret de 2012, devenu obsolète depuis le passage du pays de 58 à 69 wilayas, et tient désormais compte de la densité démographique de chaque circonscription électorale ainsi que de sa place dans le nouveau découpage administratif national. Sur le plan juridique, le décret s’appuie sur les articles 112 et 141 de la Constitution, ainsi que sur l’ordonnance relative au régime électoral et les lois régissant les communes et les wilayas, la loi 21-07 encadrant par ailleurs la représentation des 69 circonscriptions nationales et de la communauté algérienne établie à l’étranger, pour un mandat local de cinq ans, à l’image de celui des députés.
Le nouveau texte vise à consacrer davantage d’égalité entre les citoyens et à garantir une représentation équitable et proportionnelle des différentes circonscriptions, indépendamment de leur poids stratégique ou économique à l’échelle nationale.
Ce mouvement de réforme institutionnelle ne s’arrête pas au seul découpage : l’article 91 a lui aussi été adapté pour renforcer les prérogatives de contrôle de l’ANIE, le ministère de l’Intérieur se chargeant désormais de la logistique, ce qui permet à l’Autorité indépendante de se concentrer sur sa mission première, l’organisation d’élections transparentes, crédibles et démocratiques.
Au-delà de la seule représentation, ce redécoupage est envisagé comme un véritable levier de développement local, en particulier pour les nouvelles wilayas, en accompagnant une nouvelle dynamique territoriale.
Cette réforme électorale s’inscrit d’ailleurs dans le sillage plus large de la révision du code communal et du code de la wilaya, et vient renforcer l’ancrage territorial de chaque parti politique tout en structurant la démocratie de proximité. Cette évolution institutionnelle s’inscrit dans une dynamique de réformes plus large, portée depuis le premier mandat du président de la République et poursuivie durant le second, avec pour ambition d’apporter aux collectivités territoriales les changements structurels escomptés, en misant sur leur proximité avec le terrain pour bâtir des instances locales plus fortes, plus autonomes et davantage tournées vers le développement.
Farid.B.
Élections locales: Un nouveau découpage pour une représentation plus équitable des territoires
