L’APS dénonce une nouvelle offensive médiatique française au service d’un condamné en fuite, et y voit la réédition d’une méthode éculée
Dans un article publié samedi, l’Agence presse service (APS) met au jour ce qu’elle qualifie d’offensive nouvelle de la machine de propagande française, mobilisée cette fois au chevet d’un homme que la justice algérienne a pourtant condamné en bonne et due forme.
Car les faits, eux, ne souffrent aucune ambiguïté. Ayoub Aïssiou a été reconnu coupable par la justice algérienne de vol et de dilapidation de deniers publics, de blanchiment d’argent et de financement d’entités à visée subversive, un faisceau de charges qui dessine le profil d’un homme ayant sciemment détourné des fonds publics pour les mettre au service d’intérêts hostiles à son pays. Fidèle à son fonctionnement, la justice algérienne a émis à son encontre un mandat d’arrêt international, qui a permis son interpellation par les autorités espagnoles.
Jusqu’ici, rien que de très normal : un homme condamné, en fuite, rattrapé par une coopération judiciaire internationale qui a simplement fait son office.C’est là, précisément, que l’affaire prend un tour révélateur.
Selon des « informations concordantes » relayées par l’APS, deux chaînes françaises de premier plan, TF1 et France Télévisions, s’apprêteraient à consacrer à ce condamné un traitement médiatique offensif, taillé pour peser sur la décision de la justice espagnole. Autrement dit, mobiliser l’appareil audiovisuel français, ses studios, ses antennes et son influence, non pas pour informer, mais pour tenter d’infléchir le cours d’une procédure judiciaire au bénéfice d’un homme convaincu de corruption.
Le procédé, à lui seul, mérite d’être nommé pour ce qu’il est : une ingérence médiatique dans une affaire de justice qui ne concerne, en toute rigueur, que l’Algérie et l’Espagne.
Et c’est précisément ce que dénonce l’APS, avec une formule qui a le mérite de la clarté : à travers cette
« opération de déstabilisation », la France confirme une fois de plus sa propension à endosser le rôle de protectrice de tous ceux qui œuvrent contre l’Algérie, y compris, et c’est bien là que le procédé confine à l’indécence, des individus dont la culpabilité dans des affaires de corruption a été établie par une justice souveraine. Ce n’est pas la défense d’un homme que l’on observe ici, mais la défense d’une cause bien plus large : celle d’un système d’influence qui, depuis des années, cherche à discréditer l’Algérie chaque fois que celle-ci affirme sa souveraineté, y compris judiciaire. L’agence ne se contente d’ailleurs pas de dénoncer l’épisode ; elle le replace dans une histoire plus longue, celle d’un « style éculé » que la France ressort périodiquement de ses tiroirs dès lors qu’il s’agit de fragiliser l’Algérie.
Un style qui consiste à recruter de nouveaux relais, à leur ouvrir les colonnes et les plateaux de ses grands médias, et à leur offrir une légitimité que les faits, pourtant, ne leur accordent en rien.
Que ces relais soient d’anciens responsables déchus, des figures politiques marginales ou, comme aujourd’hui, un condamné pour corruption en fuite, importe finalement assez peu à ceux qui orchestrent l’opération, ce qui compte, c’est la mécanique de déstabilisation elle-même, plus que la solidité de ceux qu’elle prétend défendre.
Mais l’histoire, justement, plaide contre les commanditaires de cette nouvelle offensive. Car toutes les tentatives précédentes de ce type, et l’APS ne manque pas de le rappeler avec une certaine fermeté, se sont soldées par un même constat d’échec, celui d’opérations médiatiques bruyantes, mais sans la moindre prise réelle sur les faits, sur le cours de la justice, ni sur la détermination de l’Algérie à faire respecter ses décisions souveraines.
Rien n’indique que cette nouvelle campagne échappera à cette règle. Elle s’annonce, comme les précédentes, comme un exercice aussi stérile que prévisible, une agitation médiatique de plus, condamnée à se briser sur la réalité des faits et sur la solidité d’une procédure judiciaire que rien, à ce stade, ne permet sérieusement de contester.
Lotfi.L.E.
