Escalade au Liban: L’ONU directement visée, le Ghana crie au «crime de guerre»

Alors que la guerre déclenchée il y a cinq jours par l’Iran embrase toute la région, un tournant dangereux a été franchi vendredi dernier au Liban. Pour la première fois, des Casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies (FINUL) ont été directement pris pour cible par des tirs, blessant grièvement trois soldats ghanéens.
Une attaque qualifiée de «crime de guerre» par le Ghana, tandis que la communauté internationale condamne unanimement une «violation inacceptable» du droit international. L’incident s’est produit vendredi après-midi dans le secteur d’Al-Qaouzah, dans le sud-ouest du Liban.
Le quartier général du bataillon ghanéen de la FINUL a été touché par deux missiles successifs en plein milieu d’intenses échanges de tirs. Le bâtiment abritant le mess des officiers a été soufflé et a entièrement brûlé . Le bilan est lourd : deux Casques bleus ont été grièvement blessés et un troisième a été profondément choqué.
Selon l’armée ghanéenne, leurs jours ne sont pas en danger et ils ont été pris en charge dans un bunker médical de la base en attendant leur évacuation.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a immédiatement condamné cet incident.
Par la voix de son porte-parole, Stéphane Dujarric, il a rappelé que «la sécurité et la sûreté du personnel et des biens des Nations Unies doivent être respectées à tout moment» et a exigé que les responsables de cette attaque rendent des comptes.
Le président libanais, Joseph Aoun, a été encore plus direct, dénonçant une «attaque directe contre la FINUL» de la part d’Israël. Face à la gravité de l’attaque, le gouvernement ghanéen a haussé le ton. Hier samedi, Accra a annoncé avoir déposé une plainte formelle auprès des Nations Unies à New York, exigeant «une enquête immédiate et impartiale» sur les circonstances du drame .
Dans un communiqué, les autorités ghanéennes ont décrit cette frappe comme une «violation grave du droit international qui pourrait constituer un crime de guerre». Une accusation extrêmement lourde, qui «insulte la protection accordée au personnel de maintien de la paix des Nations Unies».
Le Ghana a également exigé «l’identification et la responsabilisation» des coupables et demandé à l’ONU de prendre «toutes les mesures nécessaires» pour garantir la sécurité de ses soldats déployés au sein
de la FINUL.
L’attaque contre la FINUL s’inscrit dans un contexte d’escalade militaire israélienne d’une violence rare. Les frappes se sont intensifiées sur l’ensemble du territoire libanais.
Dans la seule journée de vendredi dernier, au moins 17 personnes ont été tuées, dont 9 membres d’une même famille (majoritairement des femmes et des enfants) dans un raid sur la ville de Majdal Selm.
L’épicentre des violences se situe dans l’est du pays, dans la région de Baalbek.
Une opération commando des forces spéciales israéliennes a été menée dans la nuit de vendredi à samedi dans la localité de Nabi Chit. Officiellement, l’armée israélienne affirmait rechercher les restes de son aviateur Ron Arad, disparu au Liban en 1986.
L’opération a tourné au bain de sang : le bilan provisoire fourni par le ministère libanais de la Santé fait état de 41 morts et 40 blessés. Le Hezbollah affirme avoir repéré l’infiltration de quatre hélicoptères israéliens et engagé de violents combats au sol. Depuis le début de l’offensive israélienne lundi, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Les autorités libanaises dénombrent désormais 217 morts et 798 blessés, selon un décompte actualisé vendredi.
Malik M.