Dans un contexte international marqué par les appels croissants à la reconnaissance de l’État de Palestine, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a exposé mardi à Rome les conditions que son pays juge indispensables avant d’accorder cette reconnaissance.
Selon lui, les composantes constitutionnelles d’un État ne sont pas encore réunies pour la Palestine, et toute reconnaissance prématurée reviendrait à « reconnaître quelque chose qui n’existe pas ».Tajani a précisé que l’Italie souhaite voir la bande de Gaza et la Cisjordanie placées sous le contrôle d’un gouvernement palestinien unifié, soutenu par une mission des Nations unies dirigée par des pays arabes.
Il a affirmé que l’Italie est prête à envoyer ses forces pour contribuer à cette réunification, soulignant que la reconnaissance ne pourra intervenir qu’à l’issue de ce processus. En attendant, Rome reste en contact avec l’Autorité palestinienne, dont le ministre des Affaires étrangères est attendu en septembre dans la capitale italienne.Alors que 147 pays, dont la Russie, reconnaissent déjà l’État de Palestine, l’Italie adopte une position prudente, voire conditionnelle. Cette posture contraste avec celle de plusieurs pays européens, comme l’Irlande, la Norvège, l’Espagne ou encore la France, qui ont annoncé leur intention de reconnaître officiellement la Palestine lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies.
Le Royaume-Uni, sous le gouvernement de Keir Starmer, a également lié sa reconnaissance à un cessez-le-feu à Gaza et à des mesures concrètes contre l’occupation israélienne.Pour Gaza, cette reconnaissance internationale est bien plus qu’un acte diplomatique. C’est une question de survie, de dignité et de justice. Alors que les bombardements se poursuivent, que la famine s’installe et que les infrastructures s’effondrent, les Palestiniens attendent que les capitales du monde traduisent leurs discours en actes. L’Italie, en posant ses conditions, affirme vouloir contribuer à une solution durable. Mais pour les habitants de Gaza, chaque jour sans reconnaissance est un jour de plus dans l’oubli
Imène.G
