Alors que le monde marque la Journée mondiale de lutte contre le cancer, une réalité sombre et largement tue persiste dans la bande de Ghaza. Des milliers de patients palestiniens atteints de cancer sont abandonnés à leur sort, pris au piège entre la progression de leur maladie et l’effondrement total d’un système de santé délibérément démantelé.
Leur calvaire incarne l’une des dimensions les plus cruelles d’une crise humanitaire prolongée, où le droit fondamental à la vie et aux soins est quotidiennement bafoué.
Le fond du drame réside dans la destruction méthodique des infrastructures sanitaires spécialisées.
Le principal Centre d’oncologie de Ghaza n’est plus que ruines. La majorité des hôpitaux capables d’administrer des traitements complexes comme la chimiothérapie ou la radiothérapie ont été rendus inopérants par les bombardements ou privés de toute ressource vitale. Cette annihilation n’est pas un accident de guerre mais la conséquence tangible d’un siège implacable et d’attaques ciblées qui étouffent toute possibilité pour la population de vivre dignement et en bonne santé.
Derrière les statistiques se cache une souffrance humaine inouïe. Environ onze mille personnes, dont un nombre tragique d’enfants, sont privées de tout accès à des traitements oncologiques spécialisés. Les médicaments de chimiothérapie manquent cruellement, avec près des deux tiers des produits essentiels totalement épuisés.
Les appareils de diagnostic et d’imagerie médicale sont hors service ou inexistants. Pour ces patients, chaque jour qui passe sans soin aggrave irrémédiablement leur pronostic, transformant des pathologies potentiellement traitables en sentences de mort.
Une lueur d’espoir existe pourtant : la possibilité d’être soigné à l’étranger.
Mais pour des milliers de patients détenteurs de références médicales urgentes, cet espoir se heurte à la fermeture hermétique des points de passage contrôlés par l’occupant israélien. Condamnés à une attente pouvant durer des années, ils voient leur état se dégrader inexorablement, dans l’impuissance totale.
Cette entrave systématique à l’évacuation médicale constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et une forme de sanction collective insoutenable.
La crise cancérologique à Ghaza ne peut être isolée du contexte global d’effondrement. Les patients luttent simultanément contre la maladie et contre des conditions de vie catastrophiques.
Les coupures d’eau et d’électricité permanentes, la promiscuité dans des abris insalubres et la malnutrition généralisée sapent leurs dernières défenses immunitaires. Le traumatisme psychologique de vivre sous les bombes, dans la peur constante et le deuil, s’ajoute à l’angoisse de la maladie.
L’anéantissement économique, fruit du blocus, prive les familles de toute capacité à soutenir leurs proches malades ou à se procurer des médicaments devenus rares et prohibitifs.
Face à cette tragédie, les appels des autorités sanitaires palestiniennes et des organisations humanitaires résonnent dans un vide politique assourdissant. Il est urgent que la communauté internationale dépasse les déclarations de principe et impose des actions concrètes. Cela nécessite d’exiger et d’obtenir l’ouverture immédiate et permanente des points de passage pour les évacuations sanitaires et l’acheminement sans entrave du personnel et du matériel médical. Cela implique de garantir l’entrée massive et continue des médicaments essentiels et des équipements de diagnostic. Cela commande de lancer la reconstruction urgente des infrastructures hospitalières spécialisées et d’en assurer la protection.
Enfin, cela suppose de s’attaquer résolument à la racine du mal : la levée du siège illégal de Ghaza et la fin de l’occupation, qui seules permettront au peuple palestinien d’exercer son droit souverain à la santé et à une vie digne.
Le combat contre le cancer est un combat pour la préservation de la vie. À Ghaza, ce combat est sciemment entravé, et des vies sont sacrifiées dans l’indifférence générale. Laisser ces patients mourir alors que des solutions existent est une faute morale collective. Leur droit aux soins ne saurait être nié ou différé plus longtemps. Chaque jour perdu est un jour de souffrance ajoutée et une vie de plus mise en péril. Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action salvatrice.
Malik M.
Urgence sanitaire à Ghaza:Les patients atteints de cancer, victimes oubliées d’un blocus meurtrier

