Un séisme à 83 milliards de dollars: Netflix s’apprête à absorber Warner Bros

Après des semaines de négociations tendues et de spéculations, l’industrie du divertissement est au bord d’une transformation historique : Netflix a conclu un accord en vue du rachat de Warner Bros Discovery pour près de 83 milliards de dollars. Si elle est menée à bien, cette acquisition sans précédent créerait un colosse inédit, capable de façonner la production, la distribution et la consommation de contenus à l’échelle mondiale.
L’opération, dont la finalisation est prévue entre fin 2026 et 2027, porterait principalement sur les studios de cinéma et de télévision ainsi que sur la plateforme HBO Max.
Les chaînes linéaires, telles que CNN et Discovery, seraient quant à elles placées dans une entité séparée avant la conclusion du rachat. À l’arrivée, Netflix hériterait d’un patrimoine culturel immense : des sagas comme Harry Potter, l’univers DC Comics, Game of Thrones, Friends ou encore Le Seigneur des Anneaux, venant considérablement renforcer son catalogue face à des concurrents comme Disney+ ou Amazon Prime Video. Le processus n’a pas été sans heurts. Dès la fin 2025, un véritable duel financier et judiciaire s’est engagé entre Netflix et le groupe Paramount Skydance.
Ce dernier a déposé une offre hostile supérieure, évaluée à plus de 108 milliards de dollars, et a même intenté une action en justice pour obtenir davantage de transparence sur les négociations. Une manœuvre freinée par la justice du Delaware, laissant pour l’instant Netflix en position de force.
Face aux craintes exprimées par les exploitants de salles, le co-directeur général de Netflix, Ted Sarandos, a pris l’engagement public de maintenir une fenêtre théâtrale d’au moins 45 jours pour les films Warner Bros. Cette promesse vise à apaiser les tensions dans un secteur déjà fragilisé par la montée en puissance du streaming.
À plus large échelle, cette fusion annoncée pose une question fondamentale : une industrie déjà concentrée peut-elle se permettre de voir naître un acteur aussi dominant sans compromettre la pluralité culturelle et la souveraineté créative ? Avant toute concrétisation, l’accord devra obtenir l’aval des autorités de la concurrence aux États-Unis et en Europe, qui examineront avec une extrême vigilance les implications d’une telle concentration.
Leur décision déterminera non seulement l’avenir de cette opération pharaonique, mais aussi l’équilibre même de l’industrie mondiale du divertissement pour les décennies à venir.
Amina S.