Transport public: L’État passe à l’offensive contre les bus vétustes

Dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à moderniser le secteur du transport public et à garantir la sécurité des citoyens, le ministre des Transports, M. Saïd Sayoud, a présidé ce dimanche, au siège du ministère, une réunion d’envergure consacrée à l’examen des mécanismes concrets de retrait des bus vétustes et au renouvellement progressif du parc national de transport de voyageurs.Cette rencontre stratégique s’est tenue en présence du secrétaire général du ministère, du directeur général de la mobilité et de la logistique, du président de l’Union nationale des transporteurs, du vice-président de l’Organisation nationale des transporteurs algériens, du président de la Fédération nationale du transport de voyageurs et de marchandises, ainsi que de plusieurs directeurs de transport représentant les wilayas du pays.
Elle marque une étape décisive dans la réforme du secteur, en réponse aux attentes citoyennes et aux impératifs de sécurité, de qualité et de modernisation. Le ministre a rappelé que cette opération
s’inscrit dans une démarche globale et structurée, visant à assainir le parc national de transport public, à éliminer les véhicules obsolètes et à instaurer un service de transport digne, fiable et conforme aux standards modernes. Il a annoncé le lancement d’un plan en deux phases : la première concernera le retrait, dans un délai de six mois, des bus ayant dépassé les 30 ans de service, tandis que la seconde phase ciblera les véhicules de plus de 20 ans. Cette mesure, longtemps attendue, vise à mettre fin à la circulation de véhicules dangereux, souvent responsables de dysfonctionnements et de risques pour les usagers. Afin d’accompagner les transporteurs dans cette transition, le ministère prévoit un dispositif d’incitations fiscales et douanières pour faciliter l’acquisition de nouveaux bus ou de véhicules de moins de cinq ans. Le ministre a également insisté sur la nécessité de promouvoir la fabrication locale de bus, dans une logique de soutien à l’économie nationale et de valorisation du « Made in Algeria ».
Cette orientation industrielle permettra non seulement de réduire les coûts d’importation, mais aussi de créer de l’emploi et de renforcer les capacités techniques du pays.
Sur le plan opérationnel, il a été décidé de mettre en place des commissions mixtes au niveau des wilayas, composées de représentants des directions de transport, des syndicats et des autorités locales. Ces commissions auront pour mission d’inspecter les bus en circulation, en évaluant leur structure, leur état intérieur, la qualité des sièges et les conditions de sécurité. Seuls les véhicules validés par un rapport officiel d’inspection seront autorisés à poursuivre leur activité.
Cette mesure vise à instaurer un contrôle rigoureux et transparent, garantissant la sécurité des passagers et la conformité des véhicules.Un groupe de travail conjoint sera également constitué avec les représentants des transporteurs, afin de suivre les dossiers réglementaires, d’examiner les préoccupations exprimées et de proposer des solutions concrètes dans une approche participative.
Le ministère entend ainsi renforcer le dialogue avec les partenaires sociaux, considérés comme des acteurs essentiels dans la réussite des réformes engagées.Dans le même esprit, un numéro vert sera mis en service au niveau des directions de transport des wilayas, permettant aux citoyens de signaler toute infraction ou anomalie constatée dans le fonctionnement du service de transport public. Cette initiative vise à renforcer la transparence, la responsabilité et le contrôle citoyen.Les représentants syndicaux présents à la réunion ont salué l’engagement du ministère dans cette démarche de réforme, tout en soulevant plusieurs préoccupations : la nécessité d’exonérations fiscales et douanières pour faciliter le renouvellement du parc, la révision des tarifs de transport, l’organisation et la qualification des conducteurs, la régulation de leur recrutement, ainsi que la mise en place de tests de dépistage de drogues pour les chauffeurs, dans un souci de sécurité et de professionnalisation du secteur.
En réponse, le ministre Saïd Sayoud a réaffirmé que les partenaires sociaux sont au cœur du processus de transformation du secteur, et que leur implication active est indispensable pour garantir la réussite des mesures engagées. Il a appelé à un esprit de responsabilité collective, plaçant l’intérêt du citoyen au centre des priorités, et soulignant que le transport public doit être un service structurant, accessible et sécurisé. La réunion s’est conclue par la réaffirmation de l’engagement du ministère des Transports à appliquer avec rigueur et efficacité les instructions du président de la République, à travers un plan global de modernisation du parc national, de professionnalisation des acteurs du secteur et de mise en place d’un service de transport public à la hauteur des attentes des citoyens. Cette réforme, ambitieuse et nécessaire, vise à faire du transport public un pilier de la mobilité urbaine et régionale, au service du développement national et de la dignité des usager .
Farid B.