Taxes douanières: La Cour suprême humilie Trump

La bataille fait rage à Washington, et cette fois, l’arbitre suprême a osé dire non à Donald Trump. La Cour suprême des États-Unis a infligé vendredi dernier un camouflet retentissant au président en rejetant sa requête visant à rétablir immédiatement ses taxes douanières contestées.
Une décision qui a transformé le bureau ovale en ring de boxe, Trump montant sur ses ergots pour fustiger des juges qu’il qualifie désormais de «caniche» au service de ses ennemis politiques.
Devant les caméras, le locataire de la Maison-Blanche n’a pas mâché ses mots. Profondément irrité, il a dénoncé une décision «profondément décevante», allant jusqu’à confesser sa «honte» envers certains membres de la plus haute juridiction du pays.
Le vocabulaire fleuri du président a atteint des sommets : entre «idiots», «caniiches» et juges «très antipatriotiques», Trump a méthodiquement dynamité le décorum judiciaire. Selon lui, ces magistrats seraient les marionnettes d’une alliance contre-nature entre républicains dissidents et gauche «radicale».
Mais au-delà de l’emportement verbal, c’est une conception très personnelle du pouvoir présidentiel que Trump a défendue. Comment comprendre, s’est-il insurgé, qu’il puisse «détruire un pays» mais se voir interdire d’«imposer un droit de douane d’un dollar» ? Le message est clair : son statut d’élu du peuple américain devrait, à ses yeux, primer sur toute considération judiciaire.
Dans les couloirs du pouvoir, on s’active déjà pour contourner l’obstacle. Le vice-président J. D. Vance a promptement relayé la contre-offensive sur X, évoquant une «large gamme d’autres pouvoirs tarifaires» à la disposition de l’exécutif. «C’est de l’anarchie de la part de la Cour», a-t-il tonné, promettant que cette rebuffade ne compromettrait pas la protection des industries américaines.
Trump, lui, a sorti un nouveau joker de sa manche : la Section 122 du Trade Act de 1974. Cette disposition oubliée permettrait au président d’imposer un droit de douane «mondial» de 10% pour corriger d’urgence un déséquilibre financier grave.
Une arme temporaire, certes (150 jours seulement avant l’approbation du Congrès), mais suffisante pour envoyer un signal. Dans la foulée, la Maison-Blanche a précisé que cette surtaxe serait étendue à tous, y compris aux partenaires commerciaux récents comme l’Union européenne, le Japon ou la Corée du Sud, dont les produits passeraient de 15% à 10% de taxes. Pourtant, Trump tient à rassurer : les accords commerciaux récemment négociés, notamment avec l’Inde, restent «valides». «Nous allons juste le faire différemment», a-t-il glissé, mystérieux, suggérant que la méthode importe plus que le fond dans cette partie d’échecs politico-commerciale.
Les marchés financiers, eux, ont choisi la prudence. Si une lueur d’enthousiasme a traversé les places européennes et américaines, l’euphorie est restée mesurée. Les géants du e-commerce comme Amazon et Shopify ont tout de même tiré leur épingle du jeu, signe que le monde des affaires tente de décrypter les prochaines moves de ce président imprévisible. Au fond, cette crise révèle un Trump plus que jamais déterminé à gouverner sans entraves, quitte à bousculer l’équilibre des pouvoirs. «Je voulais être un bon élève», a-t-il confessé, presque candide, suggérant qu’il avait jusqu’ici retenu ses coups pour ménager les juges. Ce temps de la retenue semble révolu. Désormais, le président promet d’explorer toutes les alternatives, assurant que les États-Unis pourraient même collecter «plus d’argent» grâce à sa nouvelle stratégie. Une promesse qui sonne comme un avertissement : la guerre commerciale ne fait que commencer, et cette fois, Trump entend la mener sans filet.
Malik M.