Sultan Ahmed bin Sulayem écarté, nouvelle direction installée:DP World secouée par le scandale Epstein

Le groupe DP World a annoncé vendredi dernier l’éviction de son président historique, Sultan Ahmed bin Sulayem, après plus de quarante ans à la tête de l’entreprise. Cette décision intervient dans un climat de pressions croissantes, consécutives à la révélation de correspondances entre l’homme d’affaires émirati et le financier américain Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels.
Dans un communiqué, la société a indiqué que son conseil d’administration avait entériné la nomination d’Issa Kazim comme président du conseil et de Yuvraj Narayan au poste de directeur général.
La mesure est présentée comme un renforcement de la gouvernance et du leadership institutionnel, sans mentionner explicitement le nom de bin Sulayem.
Les documents récemment publiés par le département de la Justice américain révèlent plus de 9 400 occurrences du nom de bin Sulayem dans les archives d’Epstein.
Ce dernier le décrivait comme l’un de ses amis les plus dignes de confiance. Les deux hommes auraient entretenu une correspondance régulière entre 2009 et 2018, abordant des sujets personnels, des opportunités professionnelles et des rencontres, y compris sur l’île privée d’Epstein.
Ces révélations ont eu des répercussions immédiates sur le plan international. La British International Investment (BII), institution publique britannique, a suspendu tout nouvel investissement dans DP World, tandis que le deuxième plus grand fonds de pension canadien a pris une décision similaire.
Par ailleurs, les autorités des Émirats arabes unis ont annoncé, deux jours avant cette affaire, une restructuration du Conseil des droits de l’homme, avec la révocation de Hind Al Owais, également citée dans les documents liés à Epstein. Ce bouleversement marque un tournant majeur pour DP World, acteur stratégique du commerce maritime mondial, et illustre l’impact des scandales internationaux sur la gouvernance des grandes entreprises.
Malik M.