L’année 2025 restera comme un tournant décisif dans l’histoire économique contemporaine de l’Algérie. Les secteurs des mines, de l’énergie et des énergies renouvelables ont connu une dynamique de réalisation sans précédent, matérialisant par des infrastructures tangibles la volonté politique de diversification hors hydrocarbures.
Cette accélération, pilotée par une vision claire émanant des plus hautes sphères de l’État, traduit une transition stratégique vers une économie plurielle, ancrée dans l’exploitation rationnelle et souveraine de l’immense patrimoine géologique national. Chaque projet lancé ou achevé constitue une pièce maîtresse d’un édifice ambitieux : bâtir une nouvelle réalité industrielle et exportatrice, réduisant la dépendance aux revenus pétroliers et gaziers.
Gara Djebilet : Le géant de fer, symbole d’une nouvelle ère industrielle
Parmi ces réalisations phares, le projet de la mine de fer de Gara Djebilet à Tindouf se détache comme un symbole puissant. Son entrée en exploitation, prévue au premier trimestre 2026 comme l’a annoncé le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, représente bien plus qu’un simple démarrage d’activité. Avec des réserves estimées à 3,5 milliards de tonnes, ce gisement, l’un des plus grands au monde, incarne le potentiel longtemps latent de l’Algérie.
Sa concrétisation en un temps record – depuis le démarrage des travaux en juillet 2022 – envoie un signal fort à la communauté internationale et aux acteurs économiques nationaux.
Il consacre le principe de souveraineté économique et marque une orientation irréversible vers la valorisation des ressources minières.
L’achèvement imminent de la nouvelle ligne ferroviaire Tindouf-Béchar (950 km) est l’artère vitale qui permettra d’alimenter le complexe sidérurgique de Bethioua, créant ainsi une chaîne de valeur intégrée du minerai au produit fini.
Le phosphate de Bled El Hedba : Vers un leadership mondial dans les engrais
Parallèlement, le projet intégré du phosphate de Bled El Hedba à Tébessa dessine une autre silhouette de cette future puissance exportatrice. Opérationnel dès l’année prochaine, il est destiné à propulser l’Algérie au rang des principaux pôles mondiaux d’exportation d’engrais, avec une capacité de production annuelle de 6 millions de tonnes. L’ambition dépasse la simple extraction : il s’agit de maîtriser toute la filière.
La ligne ferroviaire dédiée, dont les ouvrages d’art sont déjà achevés, s’insère dans le réseau minier
de l’Est, connectant la mine aux futures usines de
transformation.
Ce dispositif logistique permettra le transport de plus de 10 millions de tonnes de phosphate par an, générant des revenus estimés à 2 milliards de dollars annuels et affirmant la présence algérienne
sur le marché stratégique des fertilisants.
Oued-Amizour et la modernisation desinfrastructures : Un écosystème minier en réseau
La mine de zinc et de plomb de Oued-Amizour à Béjaïa complète ce tableau avec ses réserves exploitables de 34 millions de tonnes.
Au-delà de la production prévue de 170 000 tonnes de concentré de zinc et d’un chiffre d’affaires annuel de 215 millions de dollars, son impact sera socio-économique majeur, avec la création de près de 5 000 emplois directs et indirects.
Ces mégaprojets s’accompagnent d’un renforcement ambitieux des infrastructures de transport, colonne vertébrale de toute industrie minière.
La préparation de l’emprise pour le doublement de la voie ferrée entre Driaa et Oued El Kebrit à Souk Ahras, ainsi que la modernisation globale de la ligne ferroviaire minière de l’Est, démontrent une approche systémique.
L’objectif est clair : créer un réseau fluide, moderne et performant capable de soutenir l’essor de toute une industrie
Un cadre légal rénové et un secteur énergétique attractif
Cette dynamique impressionnante est soutenue et encadrée par une réforme profonde du cadre juridique. La promulgation de la nouvelle loi minière constitue une pierre angulaire de cette stratégie. Elle introduit des mesures incitatives conçues pour attirer les investisseurs nationaux et internationaux, encourager les PME et stimuler l’emploi, le tout dans le respect impératif des normes environnementales et de la préservation des ressources.
Dans le secteur énergétique traditionnel, le succès de l’appel d’offres « Algeria Bid Round 2024 » et
l’intérêt marqué des compagnies internationales confirment l’attractivité retrouvée du pays.
La confiance des grands opérateurs mondiaux dans le cadre algérien, renforcé par des réformes courageuses, prépare le terrain pour le prochain appel d’offres prévu début 2026, consolidant la position de l’Algérie comme fournisseur énergétique fiable et partenaire de choix.
La transition énergétique : L’hydrogène vert et le solaire comme horizons
Enfin, l’ambition algérienne ne se limite pas aux ressources du sous-sol ; elle embrasse résolument
les défis de l’avenir.
Le vaste programme d’énergies renouvelables, visant l’installation de 15 000 MW d’ici 2035, avec une première phase de 3 200 MW en photovoltaïque pour l’année prochaine, pose les bases d’une transition énergétique nationale.
Mais la vision s’étend au-delà des frontières avec le développement stratégique de l’hydrogène
vert. Des initiatives comme le corridor sud de l’hydrogène « SoutH2 », destiné à l’exportation vers l’Europe, ou le projet d’interconnexion électrique « Medlink » avec l’Italie, positionnent l’Algérie comme un acteur incontournable de la géo- énergie de demain.
Ces projets dessinent les contours d’une économie à faibles émissions, diversifiée et intégrée aux grands flux énergétiques euro-méditerranéens.
Conclusion : Les fondations d’un destin économique redéfini
Ainsi, l’année 2025 apparaît comme un moment de bascule où les plans, les discours et les investissements commencent à se matérialiser en infrastructures lourdes et en capacités de production. Chaque rail posé, chaque usine construite, chaque partenariat signé participe à l’édification d’une Algérie industrielle et minière, souveraine dans ses choix et diversifiée dans ses revenus.
Le grand réveil minier et énergétique est en marche, porté par une volonté politique constante et une ambition qui entend faire du pays un pôle de référence, non seulement pour ses ressources, mais aussi pour sa capacité à les transformer et à les intégrer dans les chaînes de valeur régionales
et globales. La route est encore longue, mais les fondations, désormais, sont solides et les
perspectives, clairement tracées .
Fateh H.

