Soixante-six ans après les explosions nucléaires françaises dans le Sahara, l’Algérie franchit une étape historique en lançant ses propres opérations de dépollution. Longtemps laissés à l’abandon, les sites de Reggane et surtout d’In Ekker, théâtre d’essais d’une puissance effroyable, continuent de porter les stigmates de la radioactivité, avec des conséquences sanitaires et environnementales persistantes.
Face au refus de la France de fournir les données techniques et d’assumer la responsabilité du nettoyage, l’Algérie a décidé de mobiliser ses propres experts et moyens nationaux. Sous la supervision du ministère de la Défense nationale et en coordination avec plusieurs secteurs, une première opération de décontamination partielle a été lancée à Tawert Tan Afla-Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset. Cette région avait été le théâtre d’un essai classé comme raté, considéré parmi les plus dangereux, dont la puissance dépassait les 150 000 tonnes de TNT. Ce chantier, mené par des spécialistes algériens et appuyé par des équipements nationaux, marque une volonté claire : reprendre en main la mémoire et la réparation des crimes coloniaux.
Les études menées depuis des décennies ont démontré l’ampleur des dégâts, avec des milliers de victimes souffrant de cancers, de malformations et de handicaps liés à la contamination radioactive.
Les séquelles des essais nucléaires ne disparaîtront pas du jour au lendemain, mais ce pas concret constitue un signal fort : l’Algérie refuse l’oubli et prend en charge son propre destin face à une mémoire douloureuse.
F. B.
Sites nucléaires: L’Algérie lance les premières opérations de décontamination

