La Palestine a exprimé, vendredi, une profonde consternation face à la décision des États-Unis de refuser l’octroi de visas à sa délégation officielle, l’empêchant ainsi de participer à la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies prévue en septembre.
Cette mesure, qualifiée d’injustifiée et contraire aux principes du droit international, a été dénoncée par la présidence palestinienne comme une entrave grave à la représentation légitime d’un État observateur au sein de l’ONU. Selon l’agence de presse officielle Wafa, la présidence palestinienne a souligné que cette décision américaine viole clairement l’Accord sur les sièges des Nations unies, qui garantit l’accès aux délégations des États membres et observateurs. Elle a appelé l’administration américaine à reconsidérer et à annuler cette mesure, tout en réaffirmant l’engagement de la Palestine envers les principes du droit international, les résolutions onusiennes et les efforts pour une paix juste et durable. Le vice-président palestinien, Hussein al-Sheikh, a également réagi avec fermeté, qualifiant cette décision de «contraire aux règles et lois sur les sièges» et appelant les États-Unis à «inverser leur position».
Son message, publié sur le réseau X, traduit une inquiétude croissante face à ce qui est perçu comme une marginalisation politique injustifiée, à un moment où la Palestine cherche à renforcer sa présence diplomatique et à faire entendre sa voix dans les enceintes internationales.
Le département d’État américain, dans un communiqué publié le même jour, a confirmé le rejet et la révocation des visas des membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de la présidence palestinienne, sans fournir de justification détaillée.
Cette décision intervient dans un contexte diplomatique sensible, alors que de nombreux États membres de l’ONU s’apprêtent à renouveler leur soutien à la reconnaissance officielle de l’État de Palestine, lors de la session de septembre. Pour la Palestine, cette exclusion constitue non seulement une atteinte à ses droits diplomatiques, mais aussi un signal préoccupant quant à l’impartialité des mécanismes multilatéraux. Elle remet en question la capacité des Nations unies à garantir une participation équitable à tous les acteurs engagés dans la recherche d’une solution pacifique au conflit israélo-palestinien.
Au-delà de l’indignation immédiate, cette affaire soulève des interrogations plus larges sur la place de la Palestine dans le système international, sur les pressions politiques qui s’exercent autour de sa reconnaissance, et sur le rôle que les grandes puissances entendent jouer dans la régulation du dialogue diplomatique mondial. Elle interpelle également sur la nécessité de préserver l’universalité et la neutralité des institutions multilatérales, à l’heure où les équilibres régionaux sont fragilisés et où les aspirations à la souveraineté et à la justice demeurent au cœur des revendications palestiniennes .
Sabrina G.
Refus de visas à la délégation palestinienne: Une décision américaine qui suscite indignation et inquiétude diplomatique

